dimanche 30 mai 2010

Eux mimosa.

© lutecewoman

samedi 29 mai 2010

Paris est une fête.

© lutecewoman

vendredi 28 mai 2010

La ruée vers l'or de lutecewoman.

Lutecewoman peut toujours courir, fouler la terre des allées de platanes taillés à la française, à l'aide de ses chaussures de running immaculées lady gaguesques rehaussées de dorures, anonymée de ses immenses sunglasses, la queue de cheval en métronome et le pantalon de mim.
Le visage impassible, bouche entrouverte teintée UNE à goût de nature un peu beuh, le coeur dans la gorge et la gorge bondissante, lutecewoman court. Aboie-moi mime le chien tandis que la course sans sac passe, mais en fait sac il y a, Kenzo suspendu sur le dos, où se bousculent eau,  clés et euros, qui tintinnabulent en silence - le random de l'I-phone se foule bien assez haut, et le coeur tambourine les mètres par centaines, Fredo Viola est trop violemment frêle, zappé au bénéfice d'un Phoenix. les plaisirs du rythme le long des bancs.

Neuve la journée, azur le ciel et un peu rouge dans la face lutecewoman - telle le nasique dérangé quand il nage, déjà en nage - forte est la tentation d'aller se ahaner la plainte aux terrasses accueillantes des cafés, mais courage, lutecewoman relève la monture de ses lunettes sur les ors éclatants de la coupole et poursuit au trot : il est trop tôt pour renoncer. Les chansons lui défilent aux tympans, sus aux mollassons, on garde des guitares, des drums, on foule le terrain au bord d'une tente de hobo qui sous les feuilles dort, on s'effeuille d'un zadig et voltaire superflu pour exposer la blanche cotonnade. sueur, chamade, il est là, étincelant, le dôme de la personne de petite taille à tricorne, ma foi, sa main sur son foie et les nôtres paumes aux cieux - et à ses pieds, aux nôtres, le jardin se déroule, un kilomètre ne pas penser ne plus penser et toute petite sur la pelouse fouler les enjambées supplémentaires.

Et ici, les voici, les légendaires coquines, les endorphines. Lutecewoman grisée en sourirait quasi à ses voisins marteaux de marathon, à la croisée des allées, toute joyeuse de la course et plus du but. Retournée pour finir au trottoir du départ, elle dégaine son gagatophone, le gadget appliqué lui déclare quatorze minutes, vraiment, tant d'émotions à une telle vitesse.

Ensuite lutecewoman tend ses bras nus dans des congélateurs, et au logis retournée observe dans son cabas qu'elle n'a acheté que de la viande lorsque Morrissey lui croone avec un a-propos étonnant que Meat is Murder. Empilant son Tetris de la ferme au complet, elle relativise qu'en ce temps-là le jeune Steven n'avait pas dû courir beaucoup. Elle se douche écossaise, que le corps ne m'use, songe-t-elle sous le savon. Ca nous fait une belle jambe.

jeudi 27 mai 2010

Fourmi périphérique.

© lutecewoman




lundi 24 mai 2010

World Wide Woman - Acte III, scène 3.


4:13 AM
Je me suis réveillée entièrement nue sur la moquette, avec un mal de tête affreux, et je n'ai eu que le temps d'aller vomir. J'ai dormi plusieurs heures par terre avec la porte de ma chambre grande ouverte et aucun membre de mon escorte de s'est donné la peine de venir voir si j'allais bien. Je suis furieuse.

4:46 AM
Je viens de prendre un bain et des aspirines. Je crois que j'ai été horrible avec Jenn hier soir, mais je ne sais pas trop ce que je lui ai dit. Pas moyen de m'en souvenir vraiment. Elle comprendra, je lui expliquerai, avec tous les problèmes que j'ai en ce moment, elle passera vite à autre chose.

4:50 AM
Il y a de la viande sous une commode, et mon laptop était posé sur mon lit quand je me suis réveillée. Je ne range jamais mon laptop sur mon lit. Je devais être salement saoule tout à l'heure.

4:55 AM
On dirait que je suis allée sur skype vers 11 PM. Je ne sais pas trop ce qu'on a fait, lui et moi, mais j'ai trouvé une photo de lui nu enregistrée sur mon bureau. Je ne me souviens de rien, en fait. Il y a un peu de remue-ménage depuis tout à l'heure dans le couloir, on dirait qu'il s'est passé quelque chose dans l'hôtel. Autant de bruit dans un palace, c'est dingue. C'est sûrement ce qui m'a réveillée tout à l'heure.

5:06 AM
Ce n'est pas possible. Ce n'est pas vrai. C'est épouvantable. Mais pourquoi a-t-elle fait ça ! Pourquoi ! Greg vient de me téléphoner pour m'annoncer la mort de Jenn. Elle s'est suicidée, ils en sont sûrs, ils n'ont rien pu faire pour la sauver, le médecin a dit qu'elle était noyée depuis des heures quand ils l'ont trouvée. Je ne sais pas pourquoi Greg s'est inquiété d'elle en pleine nuit. Ce n'est pas possible. Jenn était si équilibrée, putain ! Noyée dans la baignoire. Elle a aussi laissé une lettre d'adieu. Elle s'était bourrée de médocs, mes prescriptions, mais pourquoi. Non, Jenn, n'a pas pu se suicider. Pourquoi. Greg m'a dit qu'elle avait laissé pour moi quelques lignes, que je ne m'en fasse pas, qu'elle avait tout laissé en ordre et que je n'avais pas à m'inquiéter pour les journalistes. Mais pourquoi, bon sang, Jenn était mon amie ! Elle était même ma seule amie, elle ne m'aurait pas trahie.
Ce n'est pas possible, ce n'est pas réel.

5:22 AM
Il pleut sans cesse. Les Oscars, c'est demain. Greg a démissionné. Je ne sais même pas le nom des autres personnes qui travaillent pour moi. Il ne me reste personne. Jenn s'est tuée, et je croyais qu'elle allait bien. Je croyais qu'elle n'avait pas de problème. Je lui racontais tout, j'avais confiance en elle, elle était mon amie. Ma seule amie. Et je ne savais rien d'elle.
Je n'ai plus de famille. Je n'ai pas d'autres amis. Mon amant m'a quittée sur une photo sordide - notre dernier échange, je ne sais même pas ce qu'on s'est dit, ce qu'on a fait. Je viens de prendre du Valium, je vais essayer de dormir. Le jour se lève déjà.

FIN.


photos inédites © Pascale Lafay


dimanche 23 mai 2010

Luxembourg, calme et volupté : la palme dort.

© lutecewoman


samedi 22 mai 2010

Les palmiers, le théâtre, la Méditerranée.


© lutecewoman

vendredi 21 mai 2010

Du Carlton-pâte

© lutecewoman

jeudi 20 mai 2010

L'appel à la sieste sur fauteuil de velours.

© lutecewoman

mercredi 19 mai 2010

Somewhere over the rainbow.

© lutecewoman

mardi 18 mai 2010

Le jeu de Cannes, vitrine.

© lutecewoman


lundi 17 mai 2010

World Wide Woman - Acte III, scène 2.



La météo annonçait encore de la pluie - la vitre d'ailleurs était brouillée de stries mouillées derrière lesquelles tremblotaient les halos artificiels de Los Angeles. Il faisait très noir dehors, et Jenn interdite se tenait assise sur le bord de son lit, dans le désordre halluciné de sa chambre, les yeux fixes. Son regard éteint se dirigeait vers un mur, et elle pleurait en continu, les joues trempées, qu'elle essuyait pourtant d'un revers de manche à intervalles réguliers.

Une grande feuille noircie était posée sur l'oreiller, je ne servais à rien, ma vie était si dérisoire, si inutile, j'ai vraiment cru, longtemps, que j'aidais Grace, que tout cela avait un sens, j'ai même cru que j'étais son amie. Je me suis trompée. Toute ma vie n'est qu'une illusion pathétique. Je n'ai plus d'amis, plus de famille. Je n'ai pas d'enfant. Je n'ai pas d'amant. Je n'ai pas de maison, je n'ai pas de voitures. Je n'ai aucun talent, je ne sais rien faire. Je ne laisse personne derrière moi. Personne ne m'aime. Je vous demande pardon, à vous qui me trouverez, parce que ça va être un sale boulot de vous occuper de mon corps et de mon bordel.
Dites à Grace que ce n'est pas sa faute, que je me suis trompée toute seule, que j'ai cru des choses parce que je suis folle. Je lui laisse toutes ses affaires en ordre. Je peux aussi lui assurer qu'elle n'aura aucun problème avec la presse pour l'affaire qu'elle sait.

Sa bouche se tordit soudain, s'ouvrit, non, sanglota-t-elle, non, non non non non, les épaules secouées de sanglots, le visage méconnaissable, masque de douleur Nô. Ses pleurs emplirent la pièce, horrible mélopée. Sa plainte désarticulée ondulait sur deux notes graves et terribles. Longtemps elle pleura. Ses petites mains frêles se tendirent enfin vers le gros sac noir posé par terre, qu'elle traîna derrière elle sur la moquette. Sa silhouette voutée secouée de spasmes disparu dans l'ombre de la salle de bain. La lumière ne s'alluma pas. Inlassablement la chaîne météo racontait la dépression et la pluie sur la Californie, les températures exceptionnellement basses pour la saison - voix de femme, noms de villes, degrés Fahrenheit, les nuages et leurs pattes de pluie ressemblaient à des moutons sur la carte. On entendit le bruit d'une fermeture à glissière dans l'obscurité de la salle de bain, puis de l'eau qui coulait dans la baignoire.


photos inédites © Pascale Lafay

samedi 15 mai 2010

Balcon aromatique.


© lutecewoman

mercredi 12 mai 2010

Le Petit Palais des Festivals.


© lutecewoman

mardi 11 mai 2010

En avant toot.


© lutecewoman


lundi 10 mai 2010

World Wide Woman - Acte III, scène 1.


Oh mon Dieu mais vous n'êtes pas Grace, l'écran du mac devint flou, laissant la trace d'un corps rose et nu serpenter brièvement - machinalement, Jenn, assise très droite sur un fauteuil, effectua à l'aide de trois doigts une capture de cette image tout en déclarant, n'ayez pas peur, je suis Jenn, l'assistante de Grace. Elle va très mal et je dois vous parler. Je n'ai trouvé que ça pour pouvoir le faire. Grace a fait des bêtises, le visage de l'homme était revenu s'afficher sur les genoux de Jenn, anxieux, blême, non, pas encore, mais j'ai peur pour elle. Je ne l'ai pas vue sobre depuis plusieurs jours, et son état actuel est affolant. J'ai dû cacher ses médicaments. J'ai peur qu'elle ne se suicide. Elle réclame sans arrêt des Halcions et des Valiums, et boit tellement de vodka que je la coupe avec de l'eau quand je peux - mais c'est rare. Elle se tut, et regarda le visage posé devant elle. Il faut que vous fassiez quelque chose. Tout de suite.

Jenn, c'est bien Jenn votre nom, je ne sais pas ce que je peux faire. Nous devons tous les deux reconnaître que Grace n'est pas une femme très, comment dire, équilibrée. Je ne suis pas sûr d'y être pour grand chose dans son état actuel. Pour vous dire la vérité, elle me manque horriblement, et je l'aime vraiment. Je suppose que vous avez dû le comprendre - j'ai pris tellement de risques ces derniers mois, je sais que vous faites partie des gens qui me couvrent. Alors épousez-la, si vous l'aimez.
L'homme eut l'air très malheureux. Je ne peux pas. Pour toutes les raisons que vous connaissez, je ne peux pas. Nous briserions nos deux carrières si je divorçais pour me marier avec Grace - j'y ai beaucoup réfléchi. Mes partisans me rejetteraient en masse, ma carrière à moi serait brisée en plein vol. Et Grace passerait pour la garce voleuse de maris, et perdrait de ce fait tous ses fans - ils sont tellement attachés à son image de battante très droite, de femme pure, saine et engagée dans toutes ses causes nobles. Je ne peux pas pas envisager un tel gâchis.

Elle croit que c'est moi, vous savez, pour le mail anonyme qui menace de tout révéler à la presse. Et ce n'est pas moi. Oh, oh, je vois. Bien. Comment faire, Jenn, je peux vous dire un secret - je comprends que vous êtes digne de confiance et que tout ce que vous faites est dans l'intérêt de Grace, n'est-ce pas, oui, je vous écoute. Hé bien, c'est assez délicat à expliquer, mais je crois, enfin, je sais, que ce mail n'émane ni de vous ni de votre entourage. Pour tout vous dire, c'est ma femme qui l'a envoyé. Quoi, Jenn était sidérée, et vous restez avec elle pour du chantage, vous renoncez à celle que vous aimez à cause d'une telle mesquinerie. Non, Jenn, ce n'est pas de la mesquinerie. C'est de l'amour. Ma femme, je l'ai trahie, mais elle m'aime encore. Et je dois vous avouer que je l'aime moi aussi à ma façon. Et puis je ne peux pas envisager non plus de vivre sans mes enfants - tous mes amis divorcés sont séparés de leurs enfants. C'est d'une telle cruauté, non, vraiment, je ne veux pas que mes enfants grandissent loin de moi. Il passa les mains sur son front, je suis désolé, je suis désolé, Jenn, je ne sais pas ce que je peux faire, c'est terrible, je suis dans une impasse. Il ne se passe pas une heure sans que je pense à Grace, je ne peux plus dormir, je mange à peine, elle m'obsède, je tiens à elle plus que tout et je ne peux rien faire.

Je vous plains. Jenn ferma en deux le laptop, arrêtant la discussion de ce simple geste - le même qui ferme les livres quand les histoires sont terminées ou qu'il est vraiment temps de dormir.


photos inédites © Pascale Lafay

dimanche 9 mai 2010

Priceless.

Sur la face A, dans la lumière de la ville, les Rastignac s'adonnent aux mondanités, font les malins, utilisent les copains pour les larguer plus vite que leur ombre, ruminent leurs misères dans leurs chambres de bonnes ou bien chez leurs parents, aiguisant leurs dents et leurs couteaux pour atteindre leur heure de gloire. Riche. Célèbre. Les valeurs ultimes.

Depuis la terrasse du café le Babylone, un matin de famille, le ciel pour une fois s'épargnait la grille des avions, rendu à la nature pour cause volcanique. Au pied du Bon Marché, à deux pas du lutece's, placette de village ensoleillée, un ami s'assoit là, notoire et impeccable, pour partager ce moment posé du café noir. Ce qu'il raconte, ce sont les vinyles, le sous-sol tout entier du grand magasin consacré à la musique, et ce que ça faisait de les acheter là, les albums qui le faisaient rêver.

A mille lieues de là, pareille la scène sans doute, d'un café de famille où passent, s'arrêtent, les amis, pour parler de musique. Entendent-ils notre question capitale, maintenant que le choix numérique est tellement incroyable, reste-t-il des gens pour écouter en boucle, inlassablement, les albums, à bousiller les sillons des 33 tours, user les bandes des K7, des milliers de fois les mêmes chansons ? Cette question je peux y répondre en mon nom, et celui de quelques copains, que oui, l'obsession revient parfois, et ça donne à sourire, tous ces moments de nos vies gratifiés de leur bande originale.

Je sais par exemple une bande d'amis, une vraie, qui est restée tout au bord de l'eau au risque de ne jamais connaître les plaisirs de la notoriété ni les trompettes de la gloire, leur préférant celles des fanfares du village de Collioure. Je parierais à entendre Hellolisa que ce sont les mêmes K7 que moi qu'ils ont usées, les mêmes CDs qui ont tourné sur leurs ghetto-blasters, pour arriver jusqu'à cette folk qui fait leur joie - et la mienne - depuis quelques années. Ils sont trois à chanter, et ne se partagent pas la vedette : ils harmonisent leurs voix. Ils créent les mélodies, ils accueillent les textes. Chacun apporte ce qu'il est. Ils s'entendent et cela s'entend. Ils se fichent de la gloire, de la capitale, de la production. Ils jouent. Ils répètent parce qu'ils aiment la musique et parce qu'ils sont heureux d'être ensemble. C'est joyeux et poignant, leurs chansons, qui nous parlent de nous juste au bord de l'amateurisme, mais avec talent. La guitare tout à coup un peu juste, le bassiste qui a réécouté New Order, les guitaristes plutôt leurs classiques sixties. Ils sont sept dans la bande, et c'est lumineux et vivant : chacun apporte sa couleur, partageant une unité de goût et de talent. Ils ne vendent pas leur âme, ils vendent des chansons. Ca n'a pas de prix.

Voici en bonus extra, déjà sur vos écrans, le clip de We Got It For Cheap fabriqué artisanalement et avec amour par Jerry. C'est authentiquement réjouissant. L'avis de lutecewoman :




vendredi 7 mai 2010

BurCarcan


© lutecewoman

jeudi 6 mai 2010

Boa mes paroles.


© lutecewoman


mercredi 5 mai 2010

New-York-Des-Prés.

© lutecewoman


mardi 4 mai 2010

Pompom girl

Donne moi aile, donne-moi you, donne-moi un tea, crie hi, scie, hi, double you, oh, aime, hey, haine.

© lutecewoman


Alice Miller est morte très discrètement le mois dernier. Elle savait rendre les gens vraiment vivants.

lundi 3 mai 2010

World Wide Woman - Acte II, scène 3.



Deux coups brefs, service d'étage, Jenn glissa vers la porte, l'ouvrit, allongea des billets verts dans une paume, merci, vous pouvez disposer, tira la table roulante dans la chambre, ferma la porte, et poussa les deux cloches contre la baie vitrée. Elle disposa les chaises autour du jupon de la nappe, sans bruit, sur fond de nuit noire ponctuée des taches minuscules des lumières de la ville étendue sous la terrasse.
Grace, tu viens manger, j'ai pas faim lui clama une boule de tissu éponge blanc ramassée dans un fauteuil. Un glaçon tinta dans le verre qui brilla soudain dans la lumière d'une lampe, le geste maladroit, le cylindre tomba sur la moquette, minuscule bruit sourd, éjectant le glaçon sous un meuble. Sers-m'en un autre, Jenn.

Grace, viens manger, va, ça te fera du bien, elle souleva les cloches métalliques, dévoilant des haricots verts et de la viande saignante, ha du cadavre, Jen, tu as commandé du cadavre, jette ça tout de suite, c'est dégoûtant, Grace calme-toi, Grace, s'il te plaît, viens manger tes haricots, ha mais pas devant un animal mort, Jenn, sors-moi ça tout de suite, elle se leva, trébucha, fit tomber sa serviette, ne put pas la rattraper, avança, vers la table attrapa l'assiette et la jeta par terre. Oh non, Grace, c'est pas vrai, attends, Jenn se baissa pour ramasser, renonça, se releva et trouva en face de Grace totalement nue, bon, attends, je vais appeler quelqu'un pour nettoyer.
Non non non non non, tu vas me foutre la paix ouais, pour une fois, toi et ton empressement à la con. Tu m'étouffes, dégage. Mais Grace, arrête, je vais t'aider, tu sais bien, que je t'aide toujours, mais n'importe quoi, je suis toute seule, tu es mon attachée de presse, pas ma soeur ou ma copine, je te rappelle. Nue, maigre, instable sur ses jambes, elle criait maintenant, mais tu crois quoi, hein, que je suis ton amie, hum, tu débordes complètement sur ma vie, ouais, et tu vas dégager, voilà, Grace arrête, je t'en prie, arrête, ses yeux étaient remplis de larmes, tu as bu, tu ne penses pas ce que tu dis, Grace allez, couvre-toi, Jenn lui tendit le grand tissu blanc sur ses avant bras tremblants. Mais non, j'ai pas bu, enfin c'est pas ça, tu comprends rien à ce que je vis, tu es jalouse, tu vis par procuration. Elle lui cracha très près du visage, c'est toi, hein, le mail, les journalistes, hein, avoue, allez dégage va, bon débarras, allez, mais laisse-moi, je t'en prie, oh non pas ça, pas maintenant, allez va-t-en et qu'on n'en parle plus. Je ne t'ai jamais beaucoup aimée de toute façon.

Jenn recula de quelques pas, le regard fixe. Grace se mit à rire, un rire faux et très sonore. Jenn baissa alors les yeux et sortit en courant, laissant ouverte, en grand, la porte.



photos inédites © Pascale Lafay