vendredi 26 février 2010

La véritable recette du cake d'amour.

Le gâteau de yaourt, non, pas de yaourt, les biscuits sablés, non, princesses, maman reine souhaite garder l'âtre en l'état afin de gagner du temps pour jouer aux barbiques et de rigoler en famille devant Irma la Douce... La charlotte aux pommes, non, vous respirerez votre fraisi-shampooing, mes raiponces, pendant que je vous quaistionnerai dans votre royale marinade où flottent des grenouilles... Ha voilà, le quatre quart, zut pas de balance, alors faisons un cake d'amour, mes douces.

Préparez votre, euh, préparez votre menotte, faites bien mousser, et puis vous essuyez. Voilà, préparez votre, préparez votre pâte, avec vos jolies pattes blanches, mais, damoiselles, la farine à quatre mains, c'est délicat. Le poids des deux gros oeufs du jour, ha non, datés d'un tatoo de coquilles, sans pesée et à vue de nez, hop, un petit bol couleur de rose. Voilà, creusez le puits, petites mains. Versez, chacune à votre tour, pendant que j'allume le four, thermostat, bof, allez, cent-quatre-vingt degrés, versez donc mes jolies -ha sans crier, et pas sur le carrelage du lutece's, oui - du sucre c'est la vie, une tasse. Il est temps à présent, de faire fondre la margarine, las, le beurre blanc est au loin sur les étagères du minimarket, mes douces, et regardez oh que c'est amusant, comme elle fond dans des fumets étranges, au micro-onde, c'est une ronde. La levure Alsa, allez-y, hors du sac rose bonbon, hop. Deux poussins et deux oeufs, toc toc, mettez dans la fissure vos petits pouces, mes poucettes, floc, championnes olympiques de décoquillage, parfait.
Et vous amalgamez (toi, toi, et pour finir moi). Une main fine qui, hem, margarine, le moule à cake, ectoplasme, oh pardon. Il est temps à présent, de glisser un sourire et tout notre amour dans la pâte en cascade et dans le moule. Pas de repos ni de pitié pour la pâte restante, hop, avec le dos et le creux des cuillers en argent, droit sur les petites papilles, les petites filles.

Et laissons cuire ho, jusqu'à ce que cela sente bon, dans nos robes couleurs de soleil, de lune et de temps. Voilà, c'est cuit, sur le bord de la fenêtre laisser refroidir. Démoulons, oh, d'accord, couronnons aussi d'une tiare dans le rai de lumière, le cake d'amour, mmmmmmm, et aimons-nous la bouche pleine, mes petites reines.

lundi 22 février 2010

Peroxydées occidentales. #3 Shakira.


Les meubles entourent, alignés contre les murs, six fillettes rangées sur trois lignes, quatre allongées devant et deux debout derrière. Une septième, collée à un bureau tout près de la baie vitrée dont le volet roulant est fermé, demande aux autres, vous êtes prêtes, oui crient six petites voix, c'est parti, elle court dans la lumière des halogènes se placer entre les deux petites filles du fond, et sur l'écran de l'ordinateur apparaît la créature qui ouvre ses yeux et avance vers la lune pleine. Les regards des fillettes oscillent entre leur reflet dans les vastes vitres et le clip sur l'ordinateur. Certaines comptent en muet, leurs lèvres bougent doucement, et la plus jeune par terre rigole un peu fort, chut chut, ne nous fais pas tout rater cette fois, et là, go, les sept enfants lèvent une main, pour certaines encore potelée, ongles peints maladroitement en parme, l'air sérieux, devant leur visage concentré. Les trois qui sont debout marchent dans le silence, calquant le rythme de leur pas sur la démarche de Shakira qui entre dans le dressing. Les trois paires de stillettos de femme - Jourdan, Louboutin et marché des vacances - claquent sur le carrelage.
La musique démarre, vite on se replace, trois derrière, en ligne, maillot de bain et collants, toutes, queue de cheval  très haute, c'est parti. Shakira en demi-académique noir asymétrique, demi-nue, ondule à la verticale, saccadée, imitée en face par les apprenties-femmes, appliquez-vous quoi, ordonne-t-elle, la plus douée, envoûtée par la créature, wow, qu'elle est belle admire-t-elle en balançant sa hanche en miroir, imitée par ses deux cousines, hop, elle lève le genoux, là! crie-t-elle et paf toutes mettent, synchrones, un doigt dans leur bouche et le ressortent, comme la blonde en face, et puis c'est le tour de celles qui sont au sol de se mouvoir quand Shakira apparaît en body chair, presque nouée de ses propres membres dans sa cage de louve, SOS lalala chantonne l'une ou l'autre, chut, la plus petite est collée à l'écran dans son une-pièce de petite sirène, ventre rond, tandis que ses aînées protestent hé on y voit rien, elle s'assoit et regarde la grande Shakira, bouger une de ses jambes comme une queue, imitée par les trois autres restées au sol. Derrière, la leadeuse poursuit sa chorégraphie, bien rodée, bat des bras, creuse le nombril et forme de son corps une ellipse arrière, réussie, super, toutes rient du contentement de la réussite, elle est fière, elles ont bien bossé la choré. A plat ventre les trois fillettes, devant, lèvent soudain leurs fesses dans un glissement oh elles soulèvent leurs cuculs s'exclame la petite, hilare, mais chut-eu, la femme sur l'écran geint, se frotte, han, ha j'aimerais trop être comme elle quand je serai grande, dans la cage elle se suspend et en face les fillettes ahou hurlent en harmonie à quatre pattes en se claquant la cuisse, aïe, oh pardon, sur la droite on se déplace davantage vers le buffet.
Shakira dans son quartz rose géant ondule ses fesses rondes, et les trois petites au fond reflètent en ligne leurs trois derrières, la star sourit et elles aussi, de toutes leurs dents qui ne sont pas au complet, de leurs lèvres copieusement couvertes de rouge cerise. Toutes sont essoufflées, allez, encourage la meneuse, et toutes lui sourient dans le reflet, sauf sa petite soeur qui suce ses doigts en tailleur devant la vidéo. Sur le devant de leur scène, deux tentent des grand-écarts, ouille, et une troisième le poirier, la chanteuse halète et les trois du fond enchaînent des figures dans un rythme parfait, bravo les filles, encore un effort, le rythme de la chanson change un peu, et la tenue sur l'écran devient une nuisette, hop, plus hip-hop dans le fond, et devant les filles ondulent leurs épaules, assises en sirène avec les mains à plat, ouah ça rassemble trop, crescendo de violons synthétiques, apogée dansée et d'ensemble, dernier halètement eeeeeeeeeetttt couchées ! Six petits corps s'allongent quand Shakira tombe à la renverse dans son dressing, et puis elles s'assoient et toutes les sept regardent la fin du clip, la sublime Shakira qui retourne dormir, nuisette blanche comme celle de leur mère ou tante, c'est beau. Quand elle ferme les yeux, elles applaudissent toutes en riant, bravo, les filles on peut être fières de nous, on recommence, ok, et la plus grande retourne près de l'ordinateur, prête à cliquer, vous êtes prêtes, oui crient six petites voix, elle clique sur revoir la vidéo, court sur les talons de sa mère se replacer entre sa soeur et sa cousine, trop cool, et elle se sourit dans la glace improvisée avant de placer sa petite main devant ses yeux.

dessin inédit © Richard Naudy.

dimanche 21 février 2010

lutecewoman remonte le temps

Aux marches du Palais, dondaine, lutecewoman passe la grand porte de la Découverte, laissant derrière elle le i-temps et le confort moderne. Otons nos manteaux et nos gants, mais restons à couvert, il fait faim. Là-dedans, ticket pour un aller et l'espoir d'un retour pour le passé. Lutecewoman se jurassique et ne nourrit pas les animaux, au milieu de grognements divers dans la pénombre, c'est assez gros quand même ces bêtes-là, chez Truffaut elles sont plus aimables avec leur manger mou, graou groua graoum, dans la grotte factice les dinosaures de nanards se cartoonent-pattes et l'ante-truite robot n'en finit plus de frétiller, de frétiller, de frétiller, pour échapper, échapper, échapper au graos très graos bestiaux pêcheur d'eaux douces d'une longueur avoisinant les trente lutecegirls. Tas de crottes, insulte un panonceau.

Hop, quelques pas et vers l'infini et au-delà, ha non, le planisphère n'est pas encore ouvert toutes nos confuses, alors direction les rats, les fourmis géantes et le poulpe fou, wow, capitaine, nous avons retrouvé le futurisme des fifties, copy that, je zoome le monstre avec mon i-gadget du futur, vite, courons chez les savants tripoter aimants et pendules, les scientifiques et leurs machines géantes - Ed Wood VS les Sentinelles de l'air. A vingt millediou élevées sous la mère, les lutecegirls envoient Charming à la chasse aux parisiens, carnivores blondies, puis veulent l'histoire de boucle d'oreille et on imite groa graou, les ours. On s'achève à l'argile et au café, ouf, on traverse des odoramas et revoici, enfin, les marches 1910 dévalées. Dans tout le septième, le temps - time and weather pour le prix d'un - reste gelé, m'sieurs dames, Paris était toujours Paris.





La faim des dinosaures, Palais de la Découverte, jusqu'au 2 mai 2010.

vendredi 19 février 2010

lutecewoman apporte de l'air à Force Blanche

Bonjour chantonne lutecewoman, toute de noir vêtue, collée à la porte de verre, casque micro et bottes de cuir. La brune lui répond le bonjour et lui dicte le code, qu'elle s'empresse de composer du bout du gant de peur de s'autodétruire, L'une est en avance et l'autre en retard : vont-elle pouvoir se rencontrer ? Le suspense est à son comble tandis que la machine à emporter aux étages élève, et le doigt sur la sonnette d'une main de maître tirez la bobinette et la chevillette cherra, mais c'est Force Blanche qui montre sa bobine le temps de courir en hugs se brosser, laissant le chat à la botte de lutecewoman, prrr, se frotte la bête. Sur les étagères il y a un nombre infini - ou presque - de mots ; ils sont beaucoup à se répondre en collé-serré là-dessus, et on les sent fréquentés à leur petit air élégant qui a du vécu. Plusieurs personnes dont beaucoup impressionnent un peu de déjà-vu observent la scène.
Si elle avait su que c'était une pyjama-party diurne, lutecewoman aurait apporté son short turquoise véronique et davinesque, quel dommage, pour participer au négligé d'inspiration néo-croft de son hôtesse. A la question du georgeage, lutecewoman acquiesce, oui, george-moi, tu veux fort, oui george-moi fort. Force Blanche, cette fois, ne saute pas en arrière et en accéléré sur sa banquette - elle picore une poignée de pilules très variées et fascinantes tandis que lutecewoman ne manque pas d'air en engloutissant une petite centaine de chouquettes. Force Blanche dit du bien de bien de ses amis, lutecewoman met son grain de sucre, on se bande originalement et sans truquage ni télécommande, sans omettre les envolées lyriques, on se compare le crooner, on dit du mal de peintres pompiers et de très mauvais coloristes, en hit-paradant les artistes les plus mauvais de nos musées, mais on aime Pollock. Puis on regarde dans de petites boîtes deux larmes de verres pulvérisables dont une pulvérisée, c'est très beau. Force Blanche est connectée, à travers le monde, à toute une équipe arc-en-ciel dont lutecewoman vous dira des nouvelles, qui tous comme elle luttent contre la connerie, le mauvais-goût et le foutage de visage avec un talent et une amabilité surréelles qui en font voir de toutes les couleurs.
Tout à coup, Poke-à-on-t'hausse vient faire la belle dans le couloir - elle aurait bien du mal à faire autre chose, on lui baise la joue tendre - las ! sa cruelle mère la force sur le départ à descendre le ballot suspecté de malodorance. C'est très beau, ces ongles vernis rouge Diva sur le noir du plastique, mais la pauvre enfant geint en passant le seuil.
On se banane un peu entre soi en projetant des théories littéraires qui doivent faire leurs preuves. Force Blanche s'essaie au tour de magie qui consiste à transférer la moitié de ses livres et films préférés dans la besace de lutecewoman. On ne touche pas une tiare, on en parle à peine, mais les deux fruits pour la route sont un réconfort à lutecewoman lorsqu'elle doit partir bien trop tôt après deux heures toutes relatives qui se sont concentrées en quelques secondes, les garces.

mardi 16 février 2010

Métro mouche.



Sortie par la bouche, lunettes - assortie mouche à la curieuse sur la vitre - ne pas dépasser Passy, sans détour ni masque, et le soleil enfin luisant sur la tour métallique, décider de le prendre de haut.

lundi 15 février 2010

Peroxydées occidentales. #2 Lady Gaga.


Ha ça, elle le savait bien que ce jeune blanc-bec était un incapable - elle venait de s'asseoir sur son fauteuil velours ras beige à fleurs marrons, renversée en arrière, jambes largement écartées, bien à l'aise dans ses mocassins Méphisto cognac avec son verre assorti sur la table basse ovale. Le poste refusait de se mettre en marche, elle insistait en appuyant sauvagement sur les touches de ses ongles très longs laqués bordeaux, au travers de la pellicule de film alimentaire qui entourait la télécommande. Soudain, un clavecin retentit, ha, enfin, le feuilleton, mais non, ha ça merde alors, qu'est-ce que c'était encore que ce truc. Rouge, essoufflée, en colère, et déjà moulée à son gros fauteuil, elle faisait maintenant face à une horde de jeunes, et en lamé, au milieu, une blonde était jetée là dans un fauteuil blanc, mais elle se tenait comme un sac, même pas fichue de s'asseoir correctement, avec les cuisses bien écartées, ha la cuisse légère, elle voyait le genre. De son temps, les gens savaient se tenir, on n'était pas aussi vulgaires.

Un vacarme assourdissant retentit alors, elle gueulait ohoho, cette folle, et de plus belle en pestant quel abruti, la vieille femme appuyait en vain sur les touches, jurant ha pute borgne tandis que la jeune blonde masquée de solaires disparaissait avec sa meute, rolala, hurlait-elle, rara, rolala, et dans un frigo une rangée de tupperwares géants s'ouvrait. Des femmes emballées dans du plastique blanc moulant, comme les mains dans les gants chirurgicaux, ha ça c'était moche, l'érotisme c'était pas ça, pas du tout, les filles du Lido, c'était quand même plus chic, le French cancan, mais ça, encore un coup des amerloques, elle restait maintenant avec un masque de mépris Nô sur sa face molle, interloquée, le cheveux rare et un peu sali, blanc jauni tirant sur le bleuté, et regardait la chanteuse faire la vedette, profite va, ça durera pas toute la vie de montrer ton derrière lui cracha-t-elle, rala-rolala, l'autre changeait sans cesse de tenue et de maquillage, coiffée à la va comme je te pousse avec des mèches bizarres, dans sa baignoire, le même abricot que le caniche de madame Rinsans, sa femme de ménage, mais qu'est-ce que c'est à la fin, de près elle ressemblait un peu à Sylvie Vartan finalement. Des gens la forçaient à boire, ça lui coulait sur le menton, ha bravo, et tout à coup elle était en slip - et un slip qu'elle n'aurait jamais voulu porter, même elle qui était si belle, en métal argenté, avec une sorte de corbeille à pain à perles sur la tête, et la voilà qui rampait comme une chienne à quatre pattes en hurlant, et cette télécommande qui ne marchait toujours pas, c'était insupportable, et elle était tatouée, une prostituée oui, et puis à nouveau les danses de groupe, comme des canards en bandes velpeaux en couleur, noires et puis rouges, tous les prétextes sont bons pour être à poil, et les chaussures ! Elles n'avait jamais vu ça, et pourtant elle en avait vu des choses dans sa vie, elle n'était pas née de la dernière pluie, tais-toi, lui hurlait-elle en appuyant haineusement sur la touche rouge, les bajoues cramoisies, traînée va, rala-rolala lui aboyait l'autre, imperturbable et à moitié à poil dans un lustre en cristal sans lustre, elle s'énerva et voulu se relever, son mocassin compensé confort cogna le plateau de sa table basse et le cognac en tomba, pulvérisant en mille éclats le petit verre du service Rosaces Pompadour acheté par correspondance quand cette gourgandine n'était même pas encore née. Elle renonça, voilà, t'es contente, t'as gagné, et la regarda avancer sur des échasses et dans une sorte de combinaison de hareng irisé, les bras ballants elle la regardait, c'est pas dieu possible ce qu'on voit de nos jours, avec des cornettes sur la tête, un diable oui, cette créature, ha nous y voilà, elle avançait vers un lit où un gars était assis, avec une peau d'ours derrière, elle voyait bien le genre, bon allez, et puis c'était une vraie furie, elle avait foutu le feu.
Mais qu'est-ce qu'elle pouvait gueuler fort, elle avait du coffre, pour sûr, c'était interminable, elle jeta la télécommande contre la télé, en vain, merde, rara, hahaha, rolala, s'époumonait la jeune dévergondée en bottes et scotch rouge. Elle se décida à s'extraire du fauteuil en se hissant par ses bras, lentement, lourdement, et elle traîna les semelles en direction de l'écran sur lequel apparaissait maintenant, dans un relatif silence avec un clavecin bizarre, un squelette sur un matelas carbonisé, à côté de la folle, qui fumait. Son soutien-gorge jetait des étincelles, mais n'importe quoi, on aurait tout vu, ils ne savaient plus quoi inventer, et là, tout à coup en bas de l'écran, elle lu : baderomance, Lady Gaga, et resta bouche bée, pas possible, le doigt suspendu au-dessus du bouton poveur.

Dessin inédit © Richard Naudy

dimanche 14 février 2010

Expression chinoise à Paris.


L'art ayant refusé de prendre les vessies pour des lanternes, les drapeaux de Ko Siu-Lan affichaient en toutes lettres leur victorieux Gagner Plus tandis que les valentins internationaux cadenassaient leurs amours désirées éternelles sur le pont des Arts, cernés par les artistes pitres et même pire, les arnaqueurs bohèmes et les speudo-bouquinistes vendant de la camelote chinoise à tarifs parisiens.


Graou, c'est l'année du Tigre de Métal, musique sur la place de l'Hôtel de ville, rondes de dragons de feu, Paris bondé sous le premier soleil de l'année, on nem tant.

samedi 13 février 2010

lutecewoman s'abbotte et trinque à l'amitiare.

Lutecewoman mène ses soixante deniers jusqu'à l'interphone du lutece's, toute en légèreté beaubeau de conteuse aux pieds déchaussés, et s'enquiert oui qui est-ce pour avoir ce plaisir incommensurable de l'annonce clamée c'est Ashley Abbott, qui trop rarement fait sa joie et celle de ses voisins. Ce soir, lutecewoman s'abbotte (sans le coboille). Son amie toute fraîche dans tous les sens du terme ouvre tout de suite le frigo après les baisers du bonsoir et leurs sourires aimés diamants, la transition climatique était-elle trop abrupte ou bien Ashley préparerait-elle une surprise ? A l'office, on distribue des oeufs sur le plat comme dans le clip womanizer de Britney haha en écoutant des poésies climatiques et des compotes parlantes, Ashley Gorgeous Abbott émiette du liège, lutecewoman repoudre le dindonneau qui s'amande, dénoyaute un plein calendrier de dattes et met l'eau du boulgour à glouglouter malgré les dégâts d'élocution sur l'élégance de la situation.
Les lutecegirls ferment leurs petits yeux dans leurs lits, on les embrasse pour la nuit, puis on fait tinter des ballons de Graves qui font rire un peu aigu avant d'aborder les très adultes questions du choix de lingerie sous les pyjamas de bloc, de l'humidification de l'air en milieu routier 66 - une solution efficace contre la sécheresse nasale et ses dommages sur le glamour semblerait l'étendage du linge dans l'habitacle de la voiture de location -  ou du temps de pose en galerie les soirs de vernissage. Un joyeux intermède de cyber photomathon où le naturel revient au galop tel une licorne indomptée, et en avant la musique, les Kings Of Convenience pour princesses tiarées, où l'on évoque en dégustant le tajine royal dans de vastes assiettes les plaisirs délicieux du port du short en terrain côtier, les techniques pour éviter de se faire charger par un buffle sauvage en terrain kénian, les joies radicales du relooking extreme, la dignité du frigo qui s'éteint quand le candidat en voie de rétrécissement de personne du biggest looser est renvoyé de son groupe, et l'on approche des fondants au chocolat et leur coeur coulant au caramel beurre salé cernés de crème anglaise (autour, et pas dedans, car on sait vivre) sur les grandes traversées des maisons en kit des convois de l'extrême.
Ici, c'est le moment très attendu de la surprise, du champagne brut parce qu'Ashley estime qu'on ne l'a pas volé, celui-là, ce que lutecewoman croit sur parole, et là, flûte, le bouchon récalcite un brin. Pour la première fois de sa vie, lutecewoman ouvre elle-même la bouteille - las, Gorgeous, point de Charming ou de coboille, et point d'épée ou de sabre au Lutece's, pas même une masse d'arme - en s'exclamant oh flûte ! (ou presque) et verse du pétillement de luxe impeccablement avant de trinquer au succès et au gratinage. On déguste le dessert en partageant les souvenirs des affamés de Koh-Lanta et les dîners que l'on donne à cette occasion, l'obésité de la gerbille Hannibal, pendant que la nuit avance inexorablement en traitresse jusqu'à ce que même le dernier métro devienne incertain. Il faut se dire au revoir.
Dans son lit, lutecewoman se masse les pommettes, endolories d'avoir tant ri, avant de prendre son beauty sleeping et le it-bag du marchant de sable.

jeudi 11 février 2010

Alexander McQueen nous kilt - Gagner Plus Vivre Moins.

Ce jeudi qui devait amorcer une utopie artistique, semaine des quatre jeudi, avec l'exposition Seven Days Week End aux Beaux-Arts de Paris du 12 au 21 février 2010, coupe finalement net la liberté d'expression avec une censure incroyable : les panneaux de Ko Siou-Ian, artiste chinoise, ont été démontés en hâte et catimini, en France, pays de liberté ? Quatre mots : Plus, Moins, Gagner, Travailler.



Londres, Alexander McQueen se tue. Quarante ans, un talent incroyable, cette audace ludique et élégante jusqu'au boutiste. A lui désormais la semaine non travaillée et le repos éternel.

Triste monde tragique, quelquefois - un tel talent cristallisé pour finir dans son dernier éclat marquant : le clip de Bad Romance, Lady Gaga et treize tenues. Le monde est aussi dément que des chaussures de créateur sur une créature fabriquée de toute pièce par les médias.

mercredi 10 février 2010

Lutecewoman à la cape hilare.






Cinglée par une mince neige, lutecewoman sort de la bouche de Denfert pour rencontrer au café l'Air - manuscrit dans le vent, le store se dérobe à la lecture - son amie la plus habitée. Tandis que sa ronde consoeur range commodément son parapluie dans le trou à parapluies conçu à cet effet, lutecewoman se wave la chevelure et s'installe sur la banquette individuelle moutarde façon train à la Hercule Poireau, puis commence à prier pour que le cuisinier ne s'autopirolise pas en flambant le piano. Dans cet écrin subversif, les deux amies discourent très simplement du sens de la vie, du climat et de la qualité des textiles de nos jours, tandis que depuis la cuisine jaillissent de grandes flammes en attendant que mitonne la poule à la bourgeoise (carottes, oignons, navet) promise par l'ardoise du menu quotidien. Toutes ces racines, oui, hem, lutecewoman dubitative s'avise d'une zone en voie de corneille dans son rayonnement capillaire grâce au subtil jeu de miroirs de la salle brassière puis se replonge dans l'entretient délicat de la layette et ses plaisirs désuets mais incomparables.
On s'embrasse à gros bisous et sourire jusqu'aux yeux avant de regagner chacune ses pénates, qui pour un surgelé-sieste, qui pour un boîte-chalerston-poire en trio avec les poussinnettes.
La température, cette moins que rien, continue sa chute interminable dans la palette des gris affreux. Energie et courage battant de l'aile à l'idée de plumer, lutecewoman s'engouffre dans la chaleur toxique et les néons d'un coiffeur coloriste afin de rectifier l'or de ses cheveux. Méfiante mais pas aigrie malgré les errances d'aigrette, habituée à ramer pour le ramage, tout de suite elle est accueillie par les hurlements d'une peroxydée occidentale qui se vo-code les dentales et une pintade de corpulence moyenne à plumage chamarré. Ses effets et le temps sont suspendus, cachemire au dressing, pour laisser place à la cape de satination noire. La professionnelle étale la pâte magique touillée dans un bol à l'aide d'un peigne, laissant rayonner son art sous les airs entraînants de Rihanna. Le climatiseur inversé ne suffit qu'à peine à attiser la scène, la caféine bouillante aide à lutter contre le froid, créatures frissonnantes légèrement caillées. Lutecewoman assume sa chair de poule et plonge dans son livre rouge (g@rp et Maddy Duchesne) à la page d'un début de tempête. Soudain, en pleins grêlons littéraires, la coiffeuse la couvre d'une soixantaine de films plastiques pour réchauffer la couleur, évidement. Trente pages et deux cafés plus loin, on rince pour un rendu très naturel, lissé sous le séchoir brûlant. Il suffira d'être attentif à ne poignarder personne avec les longueurs ainsi raidies aux moments des baisers.
Lutecewoman impeccable et entourée de Charming regarde depuis son canapé Greta Garbo hilare et l'accompagne de bon coeur, avant de dormir hors champ le sommeil de la bûche bien au chaud, les cheveux en soleil sur l'oreiller.


lundi 8 février 2010

Peroxydées occidentales. #1 Britney Spears.


Steven venait de déposer son corps vêtu de coton molletonné sur la chaise de style rustique, et se tenait là comme invertébré, le dossier et l'assise pour tutelle à sa colonne déversée. Ses membres pendaient mollement, à l'exception de son bras gauche planté par le coude sur la table pour que son menton constellé d'acné et un morceau de sa joue s'écrasât dans la paume de sa main. Son visage ainsi présenté, bouche ouverte, était entièrement voué à l'écran de télé panoramique et plat, immense, posé sur un meuble laqué à la chinoise, d'où émanaient en continu voix et jingles de masse. Indifférent au céleri rémoulade dont sa mère venait de remplir son assiette luminarc dentelée ornée d'un hortensia bleu, masquant d'ailleurs la fleur avec la mayonnaise et la racine râpée, aveugle au motif dont sa mère venait de s'enticher au Leclerc parce qu'il lui rappelait la Bretagne et le romantisme, et muet quant à toute politesse, il gobait les pubs offrant de télécharger la dernière sonnerie de pididi ou celle qui imitait le pet. Et tout à coup, elle apparut, entièrement nue et en sueur, sur un banc de sauna.

Sa jambe se crispa et son pied en chaussettes de tennis se mit à vibrer visiblement sous la table de verre. Il enfourna une pleine bouchée acide, grasse et craquante de salade, tandis que Britney Spears apparaissait dans son déguisement de secrétaire salope - lunettes, rouge à lèvres, carré brun avec frange, elle ressemblait ainsi à sa prof de maths. Britney dansait sur l'écran, lisse comme aucune vraie femme, et totalement bandante - il entreprit de croiser sa jambe gauche avec le genou en équerre, gagnant ainsi en ampleur de tissu pour dissimuler la protubérance malvenue. Il cacha davantage ses yeux aux membres de sa famille avec la mèche de cheveux huileuse qui lui tombait sur le nez. Infernale et inépuisable, la blonde le regardait avec ses yeux tout maquillés avec du noir, les cheveux décoiffés, et quand il s'aperçut qu'elle était assise et qu'elle se rallongeait sur son banc noir, sur le dos, il savait très bien qu'il avait envie de lui faire quelque chose, bien qu'il ne se figurât pas exactement quoi, mais quelque chose qui aurait à voir avec ses seins à elle, ses fesses, et son zob à lui. Il déglutit péniblement. Il transpirait. Il enviait le copain de Britney, ahhahh, quand elle le jetait sur une table en métal dans la cuisine du restaurant pour le chevaucher, en costume de serveuse, et avant elle lui avait même cuit et servit un oeuf, le veinard. Il aima moins la panoplie de chauffeuse avec lunette et casquette noires, sauf les jambes nues, mais heureusement le clip revenait sans cesse à Britney toute nue qui se tortillait ahhahh sur son banc noir, c'était la meilleure part de ce clip. Elle avait des draps en satin noirs sur son lit, il trouva ça beau. Et puis c'était fini. File-moi du gratin, aboya soudain Steven à l'attention de sa plus jeune soeur qui lui demanda alors pour qui il se prenait, cet abruti, le womanizer, haha, et elle éclata de rire.

Dessin inédit © Richard Naudy.

jeudi 4 février 2010

It's a thin line - Axelle Ropert, la Soul, la France et les américains.

Dans un salon parisien, une voix grave émane d'une belle bouche, entre deux bandeaux de cheveux bruns, et me raconte, à moi, un passage de film vu par elle, de la famille Wolberg. C'est l'oncle, qui est artiste : il trace une ligne, par terre - ici elle dessine dans l'espace la ligne imaginaire - pour expliquer qu'il y a ceux qui sont dans la vie, et ceux qui ne sont pas dans la vie. Ce qui est amusant dans la vie, ce n'est pas d'être d'un côté ou de l'autre, mais de passer d'un côté à l'autre. Et ensuite, ils sautent, d'un côté et de l'autre, puis le petit garçon demande de quel côté il doit s'arrêter, et son oncle, resté dehors, le place dans la vie, c'est mieux.
Alors je suis allée voir de mes yeux sur grand écran le film d'Axelle Ropert. Paris était gelé et bousculé - c'était début décembre. Et c'est de ce film que j'ai voulu parler aux américains, ceux qui aiment Montparnasse et que nous aimons nous aussi. Cet amour réciproque. Et ce qui est amusant, c'est de sauter des airs de Soul de la Tamla Motown aux banquettes des cafés parnassiens, d'Hollywood à Simon Wolberg "l'énergie d'une vie pour votre ville", de chez lutecewoman à howmovieswork.com .





mardi 2 février 2010

Farewell Poetry et l'intimité électrique.

Farewell Poetry, noyau solide et collectif génial, accueille des électrons libres autour de lui, évolue, progresse, ne cesse de muter, d'expérimenter, sans jamais rien perdre ni de son identité, ni de son talent. Une démonstration bluffante de ce que peut devenir le travail de groupe, quand chacun apporte son talent sans plaquer son ego - même si, entendons-nous bien, ce qui compte toujours à l'arrivée, ce n'est pas le cheminement des musiciens, mais le plaisir des auditeurs.

Jeudi dernier, en avant-goût de chandeleur, la Société de Curiosité, un club privé et néanmoins accueillant recevait ses soixante spectateurs confirmés dans son rez-de-chaussée, un lieu secret à Oberkampf. A 20h30 dernier carat, tout le monde dedans. Sur les carreaux de pierre peinte, des tapis orientaux façon studio d'enregistrement. Eclairés à la cire et la lampe de table, les membres du club fument dedans, partagent du rouge dans un ballon, force projets et billevesées, tiennent salon dans les fauteuils et canapés. Au milieu d'eux les musiciens sans plus de façons vous sourient, vous font une bise, avant de rejoindre, derrière des branchages noirs où sont perchés des oiseaux naturalisés, leurs instruments. Fils, pédales d'effet, ordinateurs cohabitent en bonne intelligence avec xylophone, boîte à musique à manivelle ou harmonium indien.
Tout le monde s'assoit par terre, et à la lueur délicate des bougies, des deux écrans d'ordinateurs et de quelques rares éclairages de scène. Les cinq à sept musiciens se mettent à l'ouvrage pour une performance étonnante dans une installation artisanale et électronique (MPC & feedback analogiques de Colin JohnCo). La magie opère immédiatement : les poèmes anglais de Jayne Amara Ross, les mélodies lancinantes avec envolées lyriques, la musique électronique (Bérangère Maximin) qui accompagne la guitare (Dave Ollife), les percussions d'une extrême délicatesse (Stanislas Grimbert). En deuxième partie, le talent de Johann Levasseur au Fender Rhodes. Un régal, où l'on craignait le ridicule du trop arty ou les ratés de l'intimisme. Aucun solo grandiloquent, et nous restons loin du rock progressif comme du concours de poésie. Les morceaux hors formats se savourent sur toute la longueur, qu'ils soient déclamés en anglais (Jayne) ou en français (Bérangère), totalement instrumentaux, avec films super huit tournés à la main en noir et blanc et créés pour l'occasion. Toujours, dans le public, le frisson. Ces gens sont habités, partageurs et doués. Ils offrent une prestation digne de Patty Smith poétesse ou du Velvet en pleine création : chaque note est ici à sa place exacte, celle qu'ils lui ont tous dévolue. Cette exigence talentueuse, la grâce aussi de la voix de Jayne, dont la prosodie comme le timbre rappelle irrésistiblement Nico, et les prouesses de l'excellent musicien Frédéric D. Oberland qu'il soit à la guitare - pas ce soir-là - au clavier ou maniant un soufflet indien, transportent littéralement. On sort de leurs mélodies hypnotiques un peu sonnés, très éblouis, les yeux brillants. Et quand on cesse d'applaudir, on converse avec des gens ouverts et très gentils, simplement bons. Encore un symptôme de grands.


Guettez donc leurs dates sur myspace : en grand comité, ce doit être magique également (le 23 mars à l'International). Je vous livre ici la setlist pour que vous puissiez découvrir les titres sur youtube, et voici quelques photos amateur et trois petits films, dont un dans un autre cadre pour que vous puissiez entendre aussi du chant.
1. Soft Corpse Comfort (feat Bérangère Maximin)
2. Solo Berangère Maximin
3. Variations on Hope
4. Persephone (film) (feat Berangère Maximin)

5. Father (feat Johann Levasseur)




lundi 1 février 2010

Attention, c'est chaud #3. Choisis le bon côté. (goûte).


Elle séchait les larmes salées qui lui dégoulinaient des cils. Il lui offrait son sein consolant, le soin, la sûreté, la certitude, face aux soucis, aux souvenirs sensibles, aux cernes humides qui assombrissait son visage. Sers-moi une Suze, s'il te plaît, elle en suça le glaçon en s'asseyant sur sa chaise, la sirota doucement. Il la servit à l'assiette, fais-moi risette, trouve donc le bouton rétorqua-t-elle la lèvre retroussée soudain par la malice. J'annonce, mademoiselle : risotto crousti-fondant au fenouil. Quelle audace, chef, tu te mouilles, n'ajoute rien, elle rougit éclairée à la cire des bougies, monseigneur, je t'en prie, à genoux, ajouta-t-il. La cascade de son rire le soulagea infiniment, les notes cristallines, enfin elle s'envolait la chape, en graves arpèges légers. Je me plierai à tes supplications, promesse sensée, sussura-t-il. Il la rassura de ses lèvres posées en baiser sur sa bouche maussade encore malgré ses efforts, puis d'une longue caresse sur l'échine, cheveux et cachemire sous sa paume.

D'un trait elle renversa l'amertume translucide qui chauffa sa trachée, au passage, déposa sur la nappe le verre achevé pour se saisir de sa fourchette. Elle plongea les dents d'argenterie au milieu des grains crème, attrapant en outre sur le bout un brin de fenouil avant de déposer cette bouchée sur sa langue. Le riz pâteux fondit immédiatement, le légume craqua entre ses molaires, répandant sur ses papilles rendues amères sa saveur anisée, et ce tiède régal révéla, grisant, le parmesan et, à peine piquant, les effets du vin blanc. Elle déglutit les cils baissés pour mieux ressentir ces sensations nouvelles qui la traversaient, puis leva ses pupilles dilatées en plein dans ses iris pour lui confier gravement c'est délicieux, ajoutant au plaisir de la voir la sombre tessiture de sa voix.


Ce texte est une suggestion d'accompagnement pour cette recette de risotto crousti-fondant au fenouil, offerte à Denis par Anne de papillesetpupilles.fr


Pour 2 personnes :
  • 1 grand verre de riz Carnaroli
  • du bouillon de volaille (reconstitué avec un cube)
  • 1 petit bulbe de fenouil
  • 1 échalote
  • 25 ml de vin blanc sec
  • 1 cuillère à soupe d'huile d'olive
  • Parmesan
Faites chauffer le bouillon dans une casserole.
 Versez 1 cuillère à soupe d’huile d’olive dans une cocotte. Faites y revenir l’échalote ciselée puis ajoutez le riz. Remuez et laissez cuire jusqu’à ce que les grains de riz soient nacrés.
 Mouillez avec le vin blanc, remuez jusqu'à évaporation puis ajoutez une première louche de bouillon. Mélangez. Dès que le bouillon est absorbé rajoutez une louche supplémentaire et faire ainsi jusqu'à ce que le riz soit cuit (entre 15 et 20 mn de cuisson).
Pendant ce temps lavez le fenouil. Ciselez-le et gardez quelques pluches pour la décoration.
5 minutes avant la fin de la cuisson, ajoutez le fenouil dans le riz, puis quelques instant après des lamelles de Parmesan.
 Servez immédiatement.