jeudi 31 décembre 2009

lutecewoman fait de l'ancien avec du neuf.


Perchée sur un tabouret, pieds nus dans ses collants, cernée de légumes frais et de miches tièdes, lutecewoman poste le statut "chez le cordonnier", et bat des cils façon Ava Gardner. Ensuite, elle rezippe sa botte de sept lieues et sa jeunesse éternelle ou peu s'en faut, et retourne à ses pénates où même l'aspirateur respire la joie de vivre (from The Conran Shop). Demain sera détox et son yoga lutecewoman effectuera.
Champagne tout à l'heure, et plumes, c'est entendu. Les lutecegirls soufflent sur les frites, Charming une volute volée à la fenêtre et la bise dans Lutece.
Neuf fut comme la lune : riche et pleine et parfois, hélas, conne. Aux anciens et aux modernes, à ses proches, à ceux qui peignent, écrivent, lisent, filment, jouent, regardent, sourient, pensent, sont drôles ou sont tendres, aux gentils et même aux animaux les plus laids du monde qui rapatrient la moitié du Québec, lutecewoman souhaite d'achever avec brio cette année moribonde et offre une vue du Ritz en suggestion d'accompagnement.

(Pendant ce temps il est demain au pays du panope et presqu'hier à L.A. ; l'hétérocéphale glabre galope dans ses galeries, l'hypsignathe monstrueux ouvre un de ses yeux torves au dessus de ses verrues et de curieux projets gestent comme les bulles de champagne dans des cerveaux nombreux, en attente de pop).

lundi 28 décembre 2009

Un souvenir (6)

La pièce ressemblait vraiment au petit boudoir de Maminouche, dans lequel on aurait creusé une alcôve pour y placer son lit. Ses objets, rassemblés en trésor, la place des fauteuils, et même la cheminée ressemblait à celle de la maison de ses dimanche de petite fille. Sa Maminouche, dans ses bras, cette fragile veille dame au parfum de rose, qui lui laissait toujours fouiller toutes ses affaires, dans la commode, cette même commode qui était là, souvent elle lui glissait un petit mot tendre à côté du tarot, pour Ariane, et un billet, ou une photo, ou des gants de sa communion, quelque chose, rien que pour elle, un trésor. Le sifflement de la bouilloire, elle se leva, le thé, la théière dans cette cuisine, dès qu'on s'éloignait du miroir, la kitchenette, la salle de bain, tout devenait impersonnel, clinique, mort, ponctué, Dieu merci, d'objets aimés, familiers. Ha cette théière anglaise, un lapin blanc avec un gilet, comme elle avait rêvé ce lapin, elle sourit, versa l'eau bouillante sur la boule à thé ronde, Earl Grey, et le filet mignon, et le poivre qui faisait éternuer dans son moulin qu'elle tournait elle-même, elle souriait.

Elle revint. Maninouche regardait vers la fenêtre, mais pas par la fenêtre. Un sommeil éveillé. C'était triste de la voir malade.Elle posa la théière, sortit deux jolies tasses, la tristesse la reprit. Maminouche, demanda-t-elle, mais elle n'était plus là, absente à toute réalité, elle sonna la personne chargée des soins, et sortit calmement, ça va lui demanda son amoureux, son Denis, bof, c'est pas trop dur, si, ça l'est toujours, tu veux que je vienne, non, je préfère pas, prépare-moi plutôt un dîner qui me rendra heureuse, oui, tout ce que tu voudras, je suis là, je sais, je t'aime, moi aussi, je t'aime, le vrombissement d'un camion de livraison la gênait, j'ai une semaine difficile, je sais, c'est vrai, tu es ma belle personne, j'ai envie d'être dans tes bras, je suis ton homme, ils se sourirent en silence, à tout à l'heure, je t'embrasse oui moi aussi, je t'embrasse, courage.
La livraison de fuel. Dans le jardin de Maminouche, on jouait au croquet, et elle aussi, la grand-mère jouait, et aussi à la maison de poupée, sa grande main baguée à côté de ses petits doigts, elle sourit, et toujours les réponses aux questions compliquées, est-ce que Dieu existe, et pourquoi tu sais pas qui sont tes parents à toi, et pourquoi tu sais pas ton vrai nom de famille, elle lui disait tout sans pudeur ni fard ni faux semblants, qu'elle était sûrement juive, mais qu'elle était catholique maintenant, et qu'elle ne savait plus comment elle s'appelait avant Blanche, mais que ce qui importait, c'était que Dieu les aimait, et ensuite, que non, ça ne faisait rien qu'elle embrassât des garçons, qu'elle faisait bien d'aller un an à New York, qu'elle était enchantée, quelle bonne surprise, de lui parler après un mois de disparition, qu'elle lui ferait un virement pour qu'elle puisse se loger comme il fallait, que c'était si bon de se revoir.
Maminouche, là-haut devait l'attendre sur l'alèse d'un fauteuil, en tenue pour la soirée. Un texto lui vrombit dans la poche, Ariane, Félix et moi pensons à vous et vous embrassons, viendrez-vous boire le thé samedi ou quand vous le pourrez signé Esther. Félix, Alice, quels enfants merveilleux, elle souriait dans l'escalier, elle frappa, une dame la fit entrer, je prends le relai, si cela vous convient, oui, bien sûr mademoiselle, qui êtes-vous lui demanda sa grand-mère, c'est moi, Ariane, ha. Elle s'assit près de la théière froide, ho, j'ai oublié les gâteaux, elle les sortit de son sac, un petit paquet de madeleines, tiens, c'est Denis qui les a cuisinées, elle leur servit une tasse à chacune et trempa sa madeleine, hmmm, se régalant. Maminouche lui sourit, mais oui elles sont excellentes ces madeleines, quel fin pâtissier, ce Denis, vous me donnerez son adresse, oui, bien sûr, tant que tu voudras.
Elle tira de la bibliothèque une boîte, sur une étagère. Les photos des chers disparus. Quelquefois ils retrouvaient Maminouche une heure ou deux. Quel étrange mélange, une enfant vêtue de blanc avec un chaton, Maminouche à l'âge d'Ariane, en maillot de pin-up et bonnet de bain à fleurs de caoutchouc, Papichou, jeune, gominé, portant moustache, en robe d'avocat, en costume trois pièces à côté de sa fiancée, puis de sa femme. Son père, nu et à plat ventre, tout neuf, en barboteuse dans un petit bassin, au zoo, les deux parents et le fils devant des flamants roses. Maminouche, pas une photo d'elle avant ses six ans. On ne savait pas, au fond, qui elle était. Personne n'avait pu résoudre ce mystère. Une Eve. Blanche, la page à écrire entièrement.
La seule photo inconnue, des femmes âgées dans une pièce, toutes en fauteuils roulants, certaines portant le voile et l'habit de religieuse. Les traits de leurs visages étaient à demi effacés, et rien n'était noté au dos. Qu'est-ce que c'est, demanda Ariane, encore une fois, dans l'espérance d'un souvenir, de quelque chose. Maminouche regarda longtemps. Soudain, elle se mit à rire, mais qu'est-ce que c'est que cette photo, c'est sinistre, non, elle riait de plus belle, et Ariane, elle aussi, s'adonna au fou-rire, tu as raison, peu importe, oui, vous êtes charmante, mademoiselle, merci, Ariane riait encore.

Dessin inédit ©Luna Picoli-Truffaut

jeudi 24 décembre 2009

Merry Christmas.

And the winner is...





Bravo. (Je me demande si je n'aurais pas mieux fait de tricher.)

lundi 21 décembre 2009

Un souvenir (5)

Chapitre III.

Madame Rozier, réveillez-vous, vous avez de la visite, pourquoi Diable cette femme lui hurlait-elle-t-elle dans l'oreille, je ne suis pas sourde la tança-t-elle, et je ne dormais pas, elle ôta une feuille de platane tombée sur le col en lapin de son manteau, et ne put se lever. Sa main était étrangement fripée, tachetée de brun, mais les bagues lui appartenaient, fiançailles, avec diamants, et cercle d'or jaune, mariage. Bonjour Maminouche, si nous allions dans ton appartement, j'ai envie d'un thé, tu m'offrirais un thé, lui demandait une jeune brunette, fort belle, voix grave, un peu grande, dont les traits lui étaient familiers, petite, que me voulez-vous, oh, elle eut l'air attristée, grand-mère, tu m'as encore oubliée, c'est moi, Ariane, ta petite-fille, la fille de ton fils, mais que racontez-vous donc, elle s'emportait, en colère, mais elle pressentait la véracité du propos, et décida donc de se taire. Son fauteuil bougea, et elle se rendit compte à sa grande horreur que c'était un fauteuil roulant, qu'elle ne pouvait plus marcher. De ses grandes jambes tranquilles, Ariane, gants et collants blancs, manteau marine, poussait sa grand-mère vers le beau bâtiment, maison de repos les ch....illes, certaines lettres en métal avaient disparu de la bannière arquée au-dessus de l'allée principale, les chenilles, se demanda Blanche, intriguée, mais dans le couloir blanc, un panonceau répétait, en toutes lettres cette fois, qu'elle était dans la maison de repos dite des charmilles. Elle se souvint d'un labyrinthe très beau, et du jardiner qui taillait les charmilles, qui lui expliquait comment tenir les grandes cisailles à main. Il y a avait une roseraie aussi, elle adorait les noms des fleurs, Reine de Coeur, elle ne savait plus, mais c'était beau.

La jeune Ariane la poussait le long d'un dédale de couloirs blancs à hauts plafonds, une belle bâtisse ancienne. Elle s'arrêta soudain, et appuya sur un bouton. Un ascenseur. Dans le miroir, elle se vit, debout, attendant l'ascenseur près d'une veille femme, mais elle était plus grande que d'habitude et ce manteau, qu'était-ce donc, nous n'avons pas été présentées, je crois, madame, mais dans le miroir ce fut la vielle dame qui parla, et elle avait ses yeux, et au fond, c'était elle, mais qui était donc l'autre, la plus jeune, Maminouche, c'est moi, Ariane, ne t'inquiète pas, et ce Maninouche la toucha sans qu'elle pût définir au juste d'où sortait ce sobriquet, tendre et doux, familier et inconnu.
Dans la grande pièce, Ariane lui ôta son manteau à col de lapin, son chapeau, de ses vastes gestes lents, délicats et ininterrompus, elle l'embrassa, même, et elle ne se défendit pas, tu es gentille, merci, je ne sais pas, je t'aime, tu sais, Maninouche, regarde, je t'ai apporté un cadeau pour ton anniversaire, ha, c'est mon anniversaire, non, c'était avant-hier, mais j'étais au collège, je travaillais, je n'ai pu venir qu'aujourd'hui, parce que c'est férié, vraiment, oui, le 11 novembre, Blanche sourit, ha ma petite, les guerres, on les a gagnées, pour finir, toutes les deux, mets-moi donc la télé, oui, très bien, mais sans le son, d'accord, les informations, on voyait les Champs Elysées, Paris libre, et des gens accoutrés bizarrement près de la flamme du soldat inconnu bousculée par le vent, et ce thé, demanda-t-elle, attends, j'ai apporté les gâteaux que tu aimes, comment dis-tu que tu t'appelles, Ariane, c'est bizarre, Ariane, mais c'est très beau, et tu es très belle, merci Maminouche, je te ressemble. Tiens, elle lui tendit un papier de soie rouge, c'est une babiole, Blanche déballa une boule neigeuse. Souvenir de Nîmes, tu es allée à Nîmes, j'y suis allée moi aussi, quand j'étais jeune, je sais, Maninouche, je sais, les arènes minuscules furent balayées par un blizzard conséquent, c'est drôle, oui, je l'ai achetée pendant les corridas, tu as assisté à des corridas, oui, Maminouche, tu sais, c'est Denis, il est de là-bas, il aime tellement ça que c'est communicatif, ha, Denis, c'est ton mari, non, non, mettons que nous sommes fiancés, vous n'avez pas d'enfants, non, pas encore ne t'en fais pas, elle lui caressa les cheveux, avec amour, et ce thé, ha oui.

Ariane traversa la pièce dans sa paix majestueuse, et Blanche adora cette gosse, quelle chance d'avoir pareille petite-fille, elle était émue, depuis la cuisine elle fredonnait un air, que Blanche reconnu, j'ai la mémoire qui flanche, elle se mit à chanter, oui, des amoureux, avant son mariage, il était un peu musicien, Ariane rit, mais oui, c'est bien cette chanson, elle entra en riant, tu es gaie, petite, oui, très, tu sais, j'avais envie de te voir, et puis avant-hier soir, une petite fille de mon école, oh, je ne sais pas comment te dire, enfin, elle va aller bien, et j'ai eu très peur, enfin voilà. Je n'y entends rien, répondit Blanche en haussant les épaules, cela ne fait rien, Ariane s'assit sur un fauteuil à côté d'elle, et déposa un baiser sur l'éventail des rides au coin de ses yeux, je t'aime, lui dit-elle, et elle l'enlaça. Ma Maminouche.

Dessin inédit ©Luna Picoli-Truffaut

dimanche 20 décembre 2009

Séquence séquelles 1

Petit jeu : devinez donc quelles années et quel auteur sont illustrés ici ?
Je tire au sort le gagnant parmi les bonnes réponses, et j'écrirai un billet sur le sujet de son choix.
Voilà.

ps : Cette fois, il s'agit d'un cinéaste.
Et vous avez six jours plein pour jouer.

vendredi 18 décembre 2009

Le questionnaire sans queue ni tête


Ce billet est une invitation à lire le magnifique Cabinet de Curiosités d'Eric Poindron - que je visite comme une bibliothèque, à mon gré, par petites touches ou grandes après-midi, tant il est riche. Retrouvez le questionnaire et d'autres réponses ici.

1 - Quelle est la différence entre une tortue et un kangourou ?

L'un allaite ses petits. L'autre s'en fiche, pond ses oeufs et advienne que pourra. Sans doute le premier m'est-il donc plus sympathique, mais en réalité, les bêtes m'indiffèrent assez. La différence entre un ovipare et un vivipare.

2 - Quel est le héros le plus courageux - mais aussi le plus hypocrite - de la littérature française ?

Ce genre de question donne immédiatement envie de faire le malin, ou, en l'occurrence, la maligne. Rastignac a un grand courage social, ce petit humhum. Bardamu ? pas mal, Bardamu, dans le genre faux-ami... Sinon, j'aime bien le certain Plume, mais hypocrite, pas si sûre... Sans doute plutôt aquoibonniste. Evénementiel, en somme.

3 - Que pensez-vous de la farce qui sert à farcir les tomates farcies ?

Le plus grand bien, c'est un plat excellent et on peut décliner cette recette à l'infini ou presque suivant ce que l'on a sous la main. Charming est un des champions du monde de la tomate farcie. (Ne pas rougir).

4 - Quel est est, selon vous - et ça n'engage que vous - le plus petit poète du monde - et pourquoi ?

Ce n'est pas très gentil. Je ne sais pas, c'est difficile la poésie, c'est délicat de rester bon. Même les meilleurs ont écrit des nullités poétiques - Hugo, le premier. Je vais dire que c'est moi, tiens. Parce que je suis la moins lue au monde ? ;)

5 - Croyez vous que la lune existe - pourquoi ?

Oui, je la vois, je la ressens, elle témoigne de sa réalité par les marées, on a marché dessus. Une question con comme la lune, très plaisante.

6 - Dans quel livre apparait pour la première fois le personnage de mademoiselle Suzette, née Gribouri ?

J'ai honte, aucune idée. J'ai bien trouvé les belles photos du Cabinet de curiosité en googlant, mais je me sens née gribouillis de la dernière neige avec cette question.

7 - Préferez-vous manger des ortolans ou que l'on vous offre un couple d'inséparables ?

Bof. Manger des ortolans, je crois. Je n'aime pas tellement prendre soin des animaux, j'ai assez à faire avec les gens.

8 - Est-il concevable qu'un écrivain consacre une partie de son oeuvre à un caméléon ?

Oh oui ! Truman Capote, à commencer par lui. Et qui le veut, c'est une belle idée. Très pratique symboliquement, en prime.

9 - Fut-ce bien utile que le savant Clairaut mesurât le queue d'un comète ?

Mais oui, c'est toujours utile, le luxe du savoir ! Pourtant dans mon imaginaire, la comète est femelle. Et elle a des jambes. Longues.

10 - Est-ce que l'étude forcenée des Lettres est une perversion ou façon astucieuse de camoufler sa médiocrité au jeu du biblboquet ?

Les deux.

N.B. Merci de na pas répondre par oui ou pas non, mais au contraire d'étayer vos réponses.

- Oui.

Nous signalons que ce questionnaire ne sera pas noté.

- ha mince ?

jeudi 17 décembre 2009

Paris Blanche.



Les flocons en paillettes épinalent la ville, piquants petits cristaux sur les joues rougies, mordues, les pommettes saisies. Quelques dents, parfois, scintillent en écho : il neige sourient les gens, dérapant sur leurs semelles citadines surprises par la poudreuse. On se parapluie, on s’écharpe, on se gante, on gigue ses chaussures et on s’ébroue, on se grelotte et on se connivence, tous ceux qui, dedans, gardent une petite part d’enfance.

La ville n’en revient pas, de la neige à Noël, c’est presque le miracle immaculé. Les flocons inlassables descendent des nuages, confettis, diamants fondus dans les cheveux. On rêve de la luge sous ce déluge délicat. La température avoisine le rien, cachemire, cuir, laines et soies, c’est fou ce que l’on voit à Paris sous la neige, capuches, casquettes, chapka, bonnets, bérets, on ne sait où donner de la tête, et toutes ces fourrures, dans le blizzard léger, autant de bêtes.



mardi 15 décembre 2009

Post-Encyclopédie alambiquée et à l'envers V




Animaux les plus laids du monde : le panope.

- ça me donne une furieuse envie d'indigestion d'huîtres et de foie gras...
- appétit et chique coupés...
- moi, ça me donne plutôt envie de rire que de me nourrir !
- Dommage pour la chique (c'est vrai que cet être vivant manque de chic, je l'avoue)
- chic, chic, aïe aïe aïe ...
- ha piquants mystères de la nature... Tu aimerais en ajouter à ton caddix ?
- tu trouves que je manque de chic ? (ou tu parles de quelqu'un d'autre ?)
- Tu es vivant ?
- C'est juste immonde. Dès le matin, comme ça.. Dur !
- Dur, écoute, ça dépend des photos.
- Son vrai nom, c'est panopea abrupta. C'est assez clair, non ?
- rho, si j'ai un autre enfant je l'appellerai comme ça !
- "aussi appelé Panopea (ou Panope) generosa) est un mollusque bivalve marin de grande taille qui vit enfoui dans le sable. Considéré comme un des plus gros bivalves au monde, mais aussi doté d'une remarquable longévité, il présente depuis quelques années un intérêt économique non négligeable."
- "bivalve" "interêt économique" "remarquable longévité" ... ça laisse rêveur...
- il vivra dans les cent-cinquante ans, mais j'ai des doutes sur sa joie de vivre...
- il semble un peu mou du cul, oui...
- a dépend, je crois. morphologie : "La coquille du Panope peut mesurer de 15 à 20 centimètres de long mais il possède un siphon qui peut atteindre à lui seul un mètre. C'est le plus gros bivalve fouisseur au monde, avec un poids moyen variant entre 0,5 et 1,5 kilogramme à l'âge adulte mais il n'est pas rare de trouver des sujets pesant 7,5 kg et mesurant 2 mètre de long."
- "bivalve", c'est comme les pneus, c'est pour le regonfler. Par contre, je ne saisis pas "l'intérêt économique"...
- je suis sûre que Nathalie Rykiel aurait des idées !
- Rhâââ "bivalve fouisseur"... je crois que je viens de jouir !
- ha par contre, comportement : "C'est donc l'un des animaux ayant la plus longue durée de vie au monde. Les scientifiques estiment que cette longévité est liée à leur faible activité."
- C'est entre la chenille des lagons et le pénis du poney... Avec en plus une petite besace!!! J'adore !
- 2m ???!!!! Quelle surprise quand tu tombes la dessus l'été à la plage !
- on dirait des noms de sex toys.
- fouisseuse certes mais là , vite fait, avant le déjeuner ,coprophage aussi ?
- alimentation : "Un panope se contente d'aspirer le plancton par l'orifice inhalant de son long siphon, de filtrer la partie utile pour sa consommation et de rejeter les déchets par l'orifice exhalant."
- Bah c'est exactement ce que fait la chenille des lagons!!! c'est la même famille... Sauf que la chenille est toute noire!
- haha, intéressant :D Le goeduck vit dans le Pacifique on dirait.
- et ça fait le café ?
- tu peux l'appeler Georges, si ça te chante.

- j'ai furieusement envie de vomir, je ne te remercie pas! ;)
- Pourtant, remarquons l'effort de présentation.
- C'est vrai que c'est très lourd, en même temps.
- je ne savais pas que le roccus siffredi vulgarum se mangeait ? merci lutèce woman ! !'appétit vient en apprenant..
- apparemment, il se déguste aussi en carpaccio.... a bon entendeur... ;)
- en anglais : geoduck (prononcer : goût ouais d'euq)

- aaaargh....
- ça fait barir !
- :D tu te trompes !

- et partouzards avec ça ... le contraire m'eût étonnée
-De toute taille et pour toutes les bourses.
- Toute une bande.

- ...autant dire que c'est cadeau


lundi 14 décembre 2009

Un souvenir (4)


La fumée s’élevait du mince cône rougeoyant, fiché entre un index et un majeur si minces qu’ils en étaient presque difformes, jointures apparentes. Au dernier étage de cette façade blanche, dépassant d’une très haute fenêtre à peine entre-ouverte, une petite main trop fine tenait un joint allumé. Assise sur un lavabo des toilettes jouxtant les salles de danse et leurs miroirs immenses, dans le noir, Alice pleurait. De longues larmes continuelles jaillissaient des coins internes de ses yeux délavés, dévalaient ses pommettes, ses joues creusées, et tombaient du bord de sa mâchoire carrée. Sans un mot ni un bruit, sur le sol mouillé, les larmes s’écrasaient, l’une après l’autre. Dans l’obscurité elle écoutait Black, where is my mind, hurlait-il pour elle dans le pavillon de son oreille, where is my mind. Un pigeon vint se poser derrière la vitre et l’observa de son oeil rond. Quelques bêtes rampantes couraient par terre.

Alice pleurait son désespoir de n’être jamais semblable, jamais au bon endroit, jamais au bon moment. Alice ne convenait jamais à rien, oubliait toujours quelque chose, se trompait toujours de jour, d’heure et de lieu. Mademoiselle Cray êtes-vous parmi nous l’interpellait, à chaque répétition, leur professeur de danse. Quelque chose grignotait la tête d’Alice, mais elle n’arrivait toujours pas à se souvenir quoi au juste. Quelque chose l’empêchait de grandir. Depuis le temps qu’elle voyait des psys, depuis le temps que l'agression avait eu lieu, dans le temps de sa toute petite enfance, elle ne se souvenait toujours pas. Les psys commençaient par dire qu’elle avait occulté. Ensuite on passait à l’hypnose, mais elle était un sujet résistant, ne révélait que des souvenirs écrans. De guerre lasse, elle se mettait à haïr son thérapeute, alors on en changeait. Elle avait treize ans et voilà, déjà le troisième, et toujours rien. Alice ton activité onirique peut t’aider lui disait le dernier, dont la carte de visite avait servi de carton pour le joint, laisse-toi aller Alice, mais tout ce que savait Alice, c’était qu’elle avait été abusée très petite, si petite que rien ne revenait que la nausée quand ça sentait l’essence, la peur des hommes mûrs et ridés, et l’horreur du contact du plastique - toile cirée, protèges-cahiers, impers, rideaux de douche. C’était terrible pour elle à l’internat, se laver, à cause de ces putain de rideaux de douche. Au bahut tout le monde racontait qu’elle était dingue. Mais elle le savait, elle était foutrement douée, quand elle dansait, elle n’était plus que mouvement, fuite, bond, envol, ses pas légers, sa discipline parfaite, son allure, son port et son air. Alice ne souriait jamais.

Alice pleurait. Ses parents se débattaient avec la loi et la douleur, et Alice eût dû être à croquer, sa blondeur aérienne, boucles angéliques, yeux azurs. Au lieu de quoi Alice hurlait toutes les nuits. Elle creusait son inconscient vainement, plongée six pieds sous terre, cherchait la vraie clé, mais aussi la serrure. Son existence carcérale.


Ariane pensait à cette petite pendant que ses camarades tapaient le carreau. Pas moyen d’avancer sa thèse des soirs comme ceux-là. Le Droit. Bientôt elle serait avocate, elle défendrait les gens, elle serait juste, elle le voulait. La sonnerie stridente la tira de sa torpeur, elle devait accompagner les filles au réfectoire. Ensuite temps calme au dortoir et dodo. Ariane répondit au coup de fil de Denis dans la cour embrumée, je t’aime et j’ai envie de te manger la chatte mais tu ne penses qu’à t’amuser mais oui et je t’ai cuisiné une surprise pour demain ma perle, elle riait. Au fait, samedi on est invités à la super fête on n’a pas reçu les cartons mais on était sur la liste, c’est un oubli. Je suis contente je dois filer je t’embrasse et moi je te caresse elle riait aux éclats, ses joues de blanches devenues rouges, arrête ou je t’appelle mon lapin. Elle riait encore sous cape devant le réfectoire en raccrochant. Elle la vit alors, Alice, entre les deux cimes des platanes presque nus, silhouette à peine perceptible à travers le brouillard, debout dans le cadre de la fenêtre : une poupée dans sa boîte, à dix mètres du sol.


Dessin inédit ©Luna Picoli-Truffaut

samedi 12 décembre 2009

Lutecewoman's Top Ten

Découvrez la playlist year09 avec Phoenix

Antony and the Johnsons - The Crying Light
Grand Duchy - Petits Fours
Benjamin Biolay - La Superbe
Phoenix - Wolfgang Amadeus Phoenix
Melody Gardot - My One And Only Thrill
Diving With Andy - Sugar Sugar
Kings Of Convenience - Declaration Of Dependance
Morrissey - Swords
The Dead Weather - Horehound
Pete Yorn & Scarlett Johansson - Break Up


jeudi 10 décembre 2009

La main au collé.


A préparer à l'avance :
- patience
- amour
- humour
- balayette
- éponge
- four
- maniques
- doseur
- cuillère
- grand bol
- rouleau à pâtisserie
-moules à pâtes à modeler bien propres.

Ingrédients :
- 350 g de farine (et beaucoup plus, ensuite)
- 170 g de sucre en poudre
- 100 ml de miel liquide
- demi sachet de levure
- 1 oeuf
- un peu de 4 épices
- un peu d'huile, à peine
- un peu de lait, sait-on jamais.

Prendre deux lutecegirls nourries au préalable. En cuisine, verser à tour de rôle tous les ingrédients secs, remuer sans trop déborder par terre. Casser ensuite l'oeuf, ajouter l'huile et le miel. Prendre une volontaire, puis l'autre, pour mettre la main à la pâte. Chanter à tue-tête la Recette du Cake d'Amour, en yaourt, portant haute la tiare, sans oublier d'effectuer vos meilleurs mouvements d'air baguette magique. Ne pas manger toute la pâte crue cimentée aux doigts pour vérifier si c'est bon. Envoyer la jeunesse se laver les mains. Achever de mettre en boule la masse collante. Nettoyer à grande eau et grande vitesse. Préparer une surface plane basse de type tabouret, fariner une planche, étaler en couche un peu épaisse. Attraper les figurines fraîchement emportées à la pièce par les petits doigts, placer sur un papier sulfurisé. User et abuser du rouleau à pâtisserie jusuq'à ce qu'il ne reste plus de pâte. Cuire en deux fois, environ un quart d'heure à 200 degrés. Lancer la première fournée sur une grille pour la faire refroidir. Puis la seconde.
Répondre six cents fois que ce n'est pas encore l'heure du goûter et voir un film de Noël en faisant scintiller le sapin.
Disposer dans un plat une grande quantité. En toute simplicité volontaire, utiliser une ancienne boîte pour disposer anges, hippopotames, cloches et étoiles surnuméraires. cacher au plus vite pour espérer en croquer le lendemain.
Suggestion de présentation : déguster en trempant dans du jus d'abricot, croquer d'abord les têtes des hippopotames, jouer avec les fleurs, faire battre les coeurs du bon côté de la poitrine avant de se les entroffrir et bang bang, une étoile de shérif. Pour finir, manger la ronde.

mercredi 9 décembre 2009

Lutecewoman pense à l'avenir.

A South Park CharacterMercredi.
Lutecewoman aligne des hippopotames en pain d'épices dans sa cuisine. Ca sent le sapin et le thé au miel. Les lutecegirls disent des mots malpolis incroyables, tels que pirouette cucul d'mouette ou même crotte de bique, ou encore haut les mains peau d'lapin. La Georges Machine et puis quoi encore tourne à plein régime.
Oh mon Dieu ils ont changé Paris Hilton, mais non, ouf, c'est seulement Malika la nouvelle Miss France, Paris est toujours blonde, Paris sera toujours Paris.
Lutecewoman joue au truc en plume en poussant des théories qui font mal à la tête - ou alors, c'est le rhume, ce tue le glamour. Elle essuie une paillette, enguirlande son sapin et lui rajuste le boa immaculé conceptuel. Elle soupire en espérant la paix dans le monde, qu'ensemble tout devienne possible, soyons réalistes, tentons l'impossible et devenons ce que nous sommes. Elle appelle de tous ses voeux une identité internationale - qui mériterait bien une nouvelle paire de lunettes d'une grande maison française.
Ensuite elle pose son séant, allume radiosolidaire et admire son nouvel avatiare.

lundi 7 décembre 2009

Un souvenir (3)


Chapitre II.


Joséphine Baquet, Chloé Brune, elle lisait leur nom, présente répondait leur voix, chacune à son tour, l’appel, dans un brouhaha tout féminin de chuchotements, exclamations échappées, petits rires, Alice Cray, pas de réponse, Alice Cray répéta-t-elle, absente, s'éleva, traînante et frondeuse, une voix autre. Un petit bureau vide témoignait de ce manque dans la salle d’étude. Une cacophonie excitée se déversa, vague sonore qui submergea tout, en réponse à la question quelqu’un sait où elle est. Taisez-vous posa Ariane d’un ton égal, et la salle se tut sur un il lui manque une case de toute façon qui s’envola dans le silence. L’adolescente rougit, quelques chewing-gums furent mâchés compulsivement. Ariane regarda ces fillettes-chenilles qui espéraient le papillonnement au plus vite, entre dix et quinze ans, ces enfants-là, une vingtaine. Frêles, si frêles, et seulement des filles. Toutes, cheveux longs, attachés en chignon austère, membres immenses, traits tirés à cette heure dans la nuit qui empiétait déjà depuis les fenêtres, yeux trop grands, certains soulignés copieusement de maquillage, noir, brun, bleu ou vert. L’odeur du parquet en bois suffoqua soudain un peu Ariane, ce bouquet de fleurs maladives, les internes de cette école de danseuses. Elle avisa tous les pupitres, fixa un instant la place vacante, nota sur la feuille d’appel l’absence soudaine d’Alice Cray, une absence inquiétante, dix-huit heures, une absente : Cray. Elle avait disparu, volatile, dans le collège clos, pendant la pause. Dix-huit heures, la nuit avalait le jour et Alice s’était évaporée. Ariane se leva. Elle avait envie de boire, de sortir, de passer la nuit auprès de son amoureux, les fêtes quasi quotidiennes, les orgies en duo, c’était si doux et excessif, je laisse la porte ouverte je vous entends, je reviens, mais Ariane faut nous aider c’est interro d’Histoire demain on comprend rien la supplia une des grandes tandis que deux petites rigolaient derrière des photos, les images d’un monde tragique et délirant, il la quitte en lettres majuscules, le désespoir de la belle, et en travers, d’une police énorme, changez, perdez trois tailles en mangeant. Je reviens vous aider, son calme les apaisait toujours, toutes, gagnées d’avance ces petites filles, parce qu’elle était grande et qu’elle faisait, très simplement, ce travail pour lequel elle était payée. La pionne était reine.


Elle se rendit dans la salle des profs, toute proche, où sa collègue remplissait des dossiers administratifs. Je suis inquiète Alice Cray n’est pas là ha bon pourtant elle était là aujourd’hui oui c’est ce qui m’inquiète, tu peux aller voir ça avec la CPE avant qu’elle ne file, oui ne t’en fais pas, j’y vais, elle est fragile cette gosse, je crois que tu as raison, je ferai aussi un tour dans les dortoirs et dans la cour, merci, c’est normal, j’y vais tout de suite, oui je dois retourner à l’étude, à tout à l’heure. L’estomac d’Ariane, vide tout à coup affreusement, elle soupira, encore une heure avant le suprême de volaille et ses champignons caoutchouteux, ou alors le steak haché ou les boulettes enfin un truc au boeuf, c’était toujours volaille ou boeuf, le menu du soir multiconfessionnel. Elle entra dans la salle assoupie sous les néons, se saisit de sa chaise et approcha des Troisième, les grandes, et de leur peur du lendemain. La Seconde Guerre Mondiale : les camps de déportation. Pauvres fillettes, pauvre monde. C’est horrible j’ai déjà oublié plein de détails, elle frissonna en écoutant la liste ânonnée pendant que le brouillard se répandait, liquide, sur les graviers de la cour, éloignant leur salle du mur d’enceinte et du portail d’entrée.


Dessin inédit ©Luna Picoli-Truffaut

dimanche 6 décembre 2009

Lutecewoman dessine sa main et joue du maracas.

Le samedi cinq décembre, journée officielle de la Tiare avec élection de Miss France dans la soirée : lutecewoman sous le ciel velours éponge anthracite promenait, au mépris des lois les plus élémentaires des médias et du climat, un total look écru avec converses roses pâles montantes coupant le mollet en plein dans le bas blanc, manteau ivoire boutonné entièrement sur épaisse robe de laine à capuche crème, étole beige et blanche à effet boule autour du cou, et besace over patinée brune en cuir contenant poudre, rouge baiser, mouchoirs, I-pod et maracas. Faisant fi de la minceur, mouvant hommage au bonhomme Michelin - aka la momie selon quelques korrigans, ici hors de propos puisqu'il s'agissait non pas de bandelettes mais de seize-neuvième de silhouette à promener publiquement en divers arrondissements.

Première étape, un petit-déjeuner Téléthon avec imposition de la main sur banderole, sourires et salutations patronnesses, suivie d'une pause-café familiale et d'un long coup de fil sous auvent, et autour d'eux le déluge - heureusement les prévoyantes lutecegirls avait groupé par deux les animaux avant de les promener hors du lutece's.

A Saint-Eustache, le soleil se reflètait dans les pavés luisants et les flaques - lutecewoman se rassembla doucement par lot de couleur avec une cuisinière bien toquée et un soldat de l'empire, laissant la foule des MIB et la bande des casimirs et citrouilles au milieu. Soudain des gens avec drapeaux se chamaillèrent la vedette, qui des verts ou des rouges serait le vainqueur devant les médias, et tiens, certains partis politiques n'étaientpas venus - à déplorer : le code couleur de la flash mob pour la protection de l'environnement était celui du sommet de Copenhague 2009 : blanc, orange et noir... Sans s'assommer à l'aide des marmites, à 12h18 tout le monde fut prêt : lunettes sur le nez et maracas au poing, lutecewoman ayant partagé ses biens - ici son étole et là son maracas grenouille. Un trompettiste à sa gauche, une corne de brume enrouée à droite, devant une bassine et derrière un plateau d'alu pour de la bière mexicaine, lutecewoman milita de son bruit sablé dans la paume au rythme des percussions. Dix minutes, à peu près. Pour finir, on se dispersa, on se rencontra entre soi, bonjour bonjour, et puis au-revoir, chacun retournant aux siens et à ses frites, estomac dans les talons (hélas, quelle silhouette...) . Sur le pont des arts, lutecewoman voulu augmenter le son des Kings of Convenience mais elle fut bien marrie de voir son I-pod sonotone déjà à sa puissance maximale.

Moralité : secouer sa main nuit à l'audition. (extrait de manuel d'éducation d'un monde ancien où les gens mourraient du rhume et avaient de la neige en hiver).

Ci-dessous : quelques images du flash mob du 05 12 2009, avec de la vraie lutecewoman dedans - quatre secondes, en plein milieu de l'espace et du temps.

vendredi 4 décembre 2009

Galeries sous cloche.

Sous la coupole, vaste hall parfumé, jeu de cubes des senteurs de marque, les passants éperdus, soudain lèvent la tête et tout saisis de vertige cessent net leurs avancées en plein dans les allées.
Sous le sapin géant coloris bonbonnières et les paquets factices montgolfières d'artifices soupirent les marchands dans les chaleurs respirées, qui déjà à rebours comptent l'envol du chiffre d'affaire. Se percutent les chasseurs de cadeaux, rouges, emmitouflés, tout au bord de l'insulte, défilés de savons, d'onguents et fards derrière les vitrines, et l'humeur assassine chaque jour davantage face à ce déballage.
Noël date butoir heurte sous cette cloche : que vouloir que choisir, que l'on ne possédât et tout est si joli, et si banal aussi.
Le vingt-cinq - trois semaines vers le geste du présent à venir - et le temps que l'on passe, les idées nous dépassent et dans cette vitesse, et le bruit, les parfums, les gens, dans tout ce mouvement, on en oublie la fête - on y perdrait la tête, aux Galeries Lafayette, et l'on y prendrait goût, après tout, à s'offrir, emballés, tout entier, bien carrés, suspendus, adonnés en toute démesure dans du papier d'argent.


jeudi 3 décembre 2009

Ce que Paris a dans le ventre (flash-mob Greenpeace).


Samedi, soyez verts, et venez pour Greenpeace toucher le ventre de Paris, derrière Les Halles. Ou même, plus précisément, c'est face à Saint-Eustache que nous pouvons nous faire entendre.
Un flash-mob, c'est tellement plus arty que refiler un chèque, tellement plus engagé que de signer une pétition. C'est la descendance du happening, le flash mob. Et c'est encore mieux quand cela sert, effectivement, à montrer de quel bois on se chauffe, deux jours avant Copenhague.
Pas besoin de descendre de l'hélicoptère, où, en plein ciel, un descendant de famille en or - oh quelles belles médailles à SaintGermain des près, les Arthus-Bertrand - pour avoir un impact. Il suffit d'être nombreux. Et non, Greenpaece n'est pas réservé aux gueux. Vous avez le choix - orange, blanc ou noir - pour ces quelques minutes de percussions avec des inconnus. Il est permis d'arriver à 11h45 depuis la boutique agnès b. de la rue du Jour. Ou d'un brunch au pub anglais. La cuissarde, le legging ou le total look snow white seront aussi bienvenus que la grosse maille.

Pour une fois, il est possible, concrètement, de s'exprimer. Et cela peut même être amusant. Toutes les modalités sont ici, sur le site de Greenpeace. A Samedi. Venez à poêle, à triangle, a capella, tambourine men ou fées clochettes.

mardi 1 décembre 2009

La durée de Ladurée.

Quelques éclats multicolores en paillettes dans le cercle Cristal de la fameuse Maison, éparpillés sous le médaillon, nos meilleurs souvenirs pour les papilles. A ces chers disparus, papillons à peine croqués sitôt fondus. Au regretté beurre salé, et son ami la noisette. Au tendre réglisse qui dilate les pupilles, au bienaimé pistache, mmmm, une pensée.
Ils ont vécu festifs avant l'Avent, ce que vivent les roses et les éclats de joie, ces nuages luxueux, évaporés dans l'événementiel des jours, laissant sous le couvercle, cristal, au-delà des ors, quelques brisures et un grand sourire.