vendredi 30 octobre 2009

Lutecewoman ker away.



Au naturel, lutecewoman et Fabfab battent dur la campagne, qui extasiée devant un bosquet de bonnets de bains fifties, qui dédaignant, blasée, les châtaignes grosses comme des cochonnets répandues sur les pelouses fluorescentes. Sous le soleil incandescent, les bananeraies du Finistère, les palmeraies derrière les pierres aussi certainement triplement centenaires que les chênes, dégustation de produits bretons, riz thaï, whisky, gratin de courgettes, cognac, tandis que chantent, volent, rampent, courent, plongent, caquètent toutes sortes d'animaux vivants, en nombre.
A la ville, colombages, clochers gothiques blancs, l'autobus les dépose. Devant, la cité, ses pics à cloches immenses et ses maisons de poupées, à poutres apparentes comme dans la salle de sport de Fabfab. Lutecewoman tourne donc courageusement le dos à la conciergerie miniature et à la montagne parée d'automne crânement, pour Halloween, de teintes citrouilles qui fichent un peu la trouille, et par une vingtaine de degrés celtes, enjambe l'OD sur le pont Marc Jacobs, ou presque.

Dans les ruelles, échoppes adorables aux arômes de beurre et d'argent du beurre, lutecewoman se tait quelques instants, molaires cimentées par des caramels de la même baratte salée. Ainsi son amie Fabfab peut obtenir un espace sonore, le bâton de parole pour réduire sa lutecewoman au mutisme, à renouveler, de crêpe artisanale roulée de ses blanches mains. La totalité du rayonnement solaire a miraculeusement décidé d'inonder les visages épanouis et radieux - voir planches - des deux amies, sur la terrasse catholique où les cafés arrosent leur béatitude.
Le soir, à la nuit noire à lune éblouissante et étoiles dénombrables, lutecewoman n'a pas grand chose à dire, ne passe que deux fois ou alors trois La Superbe, pour l'ambiance, et ne rit qu'à peine sur le doux canapé, se couchant assez tôt, dans la matinée du lendemain, presque à jeun, au bout de seulement environ six heures de conversation.


mercredi 28 octobre 2009

Faire la fall.

En raison de l'interruption momentanée de vie parisienne, les six chansons d'automne les plus dansées sur mon parquet haussmanien. Merci de laisser un message.


lundi 26 octobre 2009

Losers In Bars #4

Ses collants, par terre, sur la moquette beige, traçaient en noir la lettre V majuscule sur le sol quand elle ouvrit les yeux. Victoire, encore une. La radio déversait les pronostics des courses, donnant les états de santé des chevaux, et elle sourit sur son oreiller, cheveux épars, dans sa migraine latente, Stella de la Notte favorite, quelle évidence. Elle se leva, étoile des nuits qu'elle était, elle le savait depuis toujours. Sur sa cuisse, un gros bleu violacé tournait, sur ses contours, au jaune, saturne et ses anneaux, elle se demanda ce que c'était, mais elle la trouvait drôle, cette planète surprise, alors elle rit en se dirigeant vers le frigo. Il n'y avait pas grand chose, un joli morceau de mimolette orange et des cannettes de bière. Orange, se déclara-t-elle en faisant claquer l'opercule d'aluminium. Le mince bruit d'effervescence la poussa à se rendre aux toilettes, en riant. Son fou-rire redoubla quand un homme apparut dans le cadre de la porte, qu'est-ce qu'elle avait à se marrer comme ça, elle l'avait réveillé, elle s'étonna entre deux hoquets de rire, Dédé était là, chez elle, mais que faisait-il chez elle. Plus il se renfrognait, plus elle riait. Elle finit par se rajuster, des larmes de rire aux coins des yeux, incrédule, Dédé avait-il dormi là, incroyable, croyait-il qu'ils allaient se remettre ensemble, il lui répondit qu'elle était dingue et qu'il en avait assez de ses délires, attrapa le morceau de fromage, le lança dans sa bouche, la mâcha, puis se servit une des bières du frigo et l'ingurgita bruyamment, debout, en caleçon, sur le lino auréolé de taches bizarres. Elle s'assit sur un tabouret et but sa bière en observant les taches. Elle attira son attention sur celle qui était à côté de son pied gauche et ressemblait vraiment à un Christ sur sa croix. Il lui intima l'ordre de se taire, baissa les yeux sur la trace sur le sol, haussa les épaules et ajouta qu'elle était vraiment barrée.

Sur un autre tabouret, perchée, cette fois, elle avait bien chaud et ça gueulait pas mal là-dedans, tout autour. Deux types s'invectivaient par onomatopées agressives, hé, ho, et alors. Puis vinrent les éclats de voix comme des aboiements, il allait lui rendre son fric, et plus vite que ça, et qu'est-ce qu'il lui voulait, l'autre, ça ne se passerait pas comme ça, la marchandise il l'avait eue et maintenant il était plus que temps de payer. Elle sentait bien que ça allait dégénérer, mais elle s'en foutait pas mal, elle avait bien chaud, oui, bien chaud, et la tête lui tournait juste un peu comme elle aimait, c'était bon, c'était doux, et elle se sentait tellement en sécurité, là, dans la chaleur de ce bar. Elle sourit au barman, et fut ravie de trouver, sur une carafe, derrière lui, une étoile d'anis pour le Pastis, une étoile, elle rêvait, heureuse, et l'autre se saisit de ses poignets, lui ordonnant de se lever, qu'avait-elle à se marrer encore, il voulait qu'elle se réveillât un peu, qu'elle vînt sans attendre, ne voyait-elle donc pas que cela craignait, qu'il fallait vraiment qu'il décampassent ? Elle souriait toujours, tout doucement, elle ne le regardait pas, elle se sentait si bien. Elle regardait, orange, un dépliant cartonné pour le Keno posé sur une table, et tout au fond d'elle, elle le savait, rien ne pouvait lui arriver, orange, lui répondit-elle, le hasard n'existait pas, seulement le Destin.


dimanche 25 octobre 2009

Châtaignes.


Epines sur le chemin, ronces, bogues, où luisent les trésors, mûres, châtaignes, oursins. Roses les converses sur le chemin de boue, feuilles, glands, mousses, partout, rouges, marrons, ocres, oranges, verdâtres. Les champignons mignons paradent leurs poisons inconnus sous leurs chapeaux pointus ou leurs molles ombrelles.
Dans le silence siffle un oiseau, pour un autre, échos dans les cimes lointaines, hauts les arbres, libres dans leur forêt, libres de devenir très grands, très vieux, très proches. Souffle du vent, rayons filtrés, et les feuilles en l'air jouent, à sec et en Technicolor, l'air de la pluie. Pleuvent les bogues, chutes brutales amorties par l'humus. On sent la terre qui embaume, la fumée d'une cigarette, ou même deux, exhalée de sa bouche, le biscuit d'une peau et, de moi, l'amande douce. Bogues ouvertes répandues, piquantes : dans leur coeur fendu, plaie oblongue, blotties deux châtaignes ensemble, ramassées. Le butin exclamé est jeté dans des sacs où brunes et bombées scintillent les promesses du goûter. Pâques à côté de Toussaint, ici, semble bien pâle. Les noms invraisemblables, domaine de Saint Cucufa, de mon gloss je me gausse, déplacée, assumant mon immaturité, momentanément, réchauffée de mon tartan beige en cachemire, Burberry dans la nature, je frissonne et rajuste mes lunettes brunes. Je ne suis pas d'ici, ce n'est pas ma nature - les ors, les harmonies de cuivre m'évoquent Central Park. Sur mon cuir sont répandus ensemble ma blondeur et celle d'une toute jeune personne à très petites bottes, que je transporte. Les yeux noisettes de mon aînée plus loin furètent, en quête de biches, rieurs. Lui répondent les prunelles de son père. L'heure gagnée perdue dans la forêt, d'hiver, c'est Versailles. Autour du marché du roi Soleil, amarrée à ma tasse, souriante, breuvage brun sucré, je savoure la Province.
Les arbres, bouquets de Seine, sont splendides de loin, bordés d'immeubles, de Tours Eiffel et Montparnasse, de ballon montgolfière, de péniches, depuis les ponts, les voies rapides, les berges, quand bienheureuse je rentre, bienaimée et conduite, bercée de batmobile et du dernier Benjamin Biolay.

jeudi 22 octobre 2009

Post-Encyclopédie alambiquée et à l'envers IV

Animaux les plus laids du monde : l'hétérocéphale glabre.

- Ca fait du bien de voir quelqu'un qui assume ses rides et qui a su dire NON à la dictature du botox. Mais avoir les dents dans le nez je vois pas l'utilité.
- C'est nouveau le concept des dents hors de la bouche ?
C'est un bébé éléphant ?
- Non, non, c'est de petite taille.
- Les dents, pour que le jeu soit plus expressif ? Pour projeter plus loin la parole ?
- Mais sont-ce vraiment des dents ? On dirait 2 gousses d'ail plantées sous le nez...
Celui qui trouve l'explication scientifique gagne le Prix Nobel.
- Tu veux dire, comme dans le gigot ? Je sais que certains se mettent du baume du tigre sous les narines avant de voyager en bus, mais des gousses d'ail, c'est un autre style. Je n'ose pas trop imaginer ce que ça doit sentir chez lui.
- c'était une soirée déguisée avec un thème couillu ?
- Ca vit dans le slip ?

Le point scinetifique (en urgence) : "A part des «moustaches» clairsemées et quelques poils isolés de-ci, de-là, il est parfaitement nu, et sa peau ridée est d'un rose un peu jaunâtre". Dents : c'est bien la taille de grains de riz (sauvage, très sauvage), les incisives de devant. Ca mesure entre huit et dix centimètres et ça pèse entre trente et cent grammes.

- Ils font du tri, ces rats-taupes ?
L'hétérocéphale glabre, ou rat taupe nu, ne fait pas de tri. Il se fait juste commander très sec par sa reine, la seule femelle de la bande.

- je veux etre reincarnée là dedans : t'es la femelle dominante j'adore !
- Pffff, t'as pas vu sa gueule !
- C'est pas lui qui porte la culotte, alors. Comme quoi t'étais pas loin avec ton histoire de slip.
- Oui, et tu es aveugle, heureusement. Mais attention, ce job rsique de te coûter cher : à raison de dix à vingt sept petits par gestation, même avec tes quatre à cinq mâles reproducteurs et tes soixante dix à trois cents mâles serviteurs, c'est pas de tout repos.
- Ok je veux PAS etre reincarnée la dedans !
- La Nature a de l'humour..
- La Nature est cruelle.
- L'humour est parfois cruel. Regarde Elie Cakou.
- En même temps, ça doit vivre loin des miroirs, ces bestioles, non ?
Oui, ça vit sous le sable, dans une ambiance Hammam, entre vingt-cinq et trente degrés. Ca mange les racines qui sont là, ou alors quelques insectes et plantounettes rapportées un peu par hasard.
Les seuls qui sortent sont les piétineurs de terre meuble, au bout des galeries - lesquelles sont creusées avec les fameuses dents de nez.
photo de groupe de la mère aux enfants. (Brr, petit frisson d'horreur)
- Oh my God!
- nausée matinale bonjour :)
- Tu t'entraînes pour ta réincarnation ? Cinq gestations par an ;)
- Ha, petit détail agréable : ils sont coprophages, en prime.
-Si je fais remarquer une certaine analogie avec une couille et une bite, je me fais engueuler ?
Je sais plus tellement quoi dire... Parce que quoi qu'on en pense, ce bidon ressemble étrangement à une couille (ceux qui en ont déjà vu comprendront...)

-

- On dirait une verge à dents.. brrr..!

-En fait, Burroughs avait dû séjourner en Somalie avant d'écrire le Festin Nu. Qui aurait pu s'appeler le Rat-taupe nu, donc.

- un sex toy dernier cri?

- Qui est le salaud de rabbin qui a saboté cette circoncision on ne peut moins orthodoxe ?

- Ca naît comme ça et ça meurt comme ça??... et ben, moi qui me trouve moche parfois, là, je suis décomplexée!

- mais c'est un peu dégoûtant...

- ça ressemble au croisement d'un éléphant de mer nain et d'un radis noir, mais rose... merci je vais pouvoir continuer à travailler pendant ma pause, j'ai plus faim. Ca s'appelle comment cette petite merveille de la nature ?

- hétérocéphale glabre (c'est gracieux à prononcer, aussi, on dirait qu'on est déjà muni des fameuses dents foreuses en forme de grain de riz)

- c'est vrai qu'on a connu plus poilu comme animal improbable... hétérocéphale ? comme Bigard ? ah non je confonds avec hydrocéphale...

- C'est une quenelle ?

- beuh, je comprends que tu n'aimes pas ça !



mardi 20 octobre 2009

Une vanité.

Là-dedans, vanité, poussière et quelques os,
Vanité inconscience insouciance va savoir
Où sonore entre les lèvres l'ivoire à voir
Rire dégustation mais pas les grandes eaux.

Personne ne repose répandu sous le lierre
Aliénantes morbides ces pensées dépensées
Dans le vide des fois dans les sens insensés
Il est ailleurs le sens pas gravé dans les pierres.

A prendre le grand deuil si le chaos dégoûte
Panser mal pas assez penser trop dépassés
Y perdre la tête et la vie à trépasser
Gagner en esprit et verser quelques gouttes

Et sombrer dans l'ivresse d'existence et d'essence
Par tous les sens traverser les curiosités
En être consentant de grâce préciosité
Danser sur les vivants c'est la moindre décence.

De la vie volontaire grimper dans le taxi
Refuser de créer pour la taxidermie
Décider dans le jeu de ce qui est permis
Vibrer sans se conduire jusqu'à l'ataraxie.

lundi 19 octobre 2009

Losers In Bars #3

Il avait bavé sur son oreiller. Il se réveillait, l'oeil bouffi, au beau milieu de l'après midi. Il étendit ses jambes, se leva. Il portait un slip. Il se dirigea vers la psyché, se regarda, coiffa ses cheveux sur le côté de sa tête pour en masquer la calvitie importante. Il se caressa le torse, ensuite. Puis il enfila une chemise blanche, mais ne la boutonna pas, et un jean avec une ceinture. Il se mira à nouveau, longuement, en se retournant plusieurs fois, s'observant par-dessus son épaule. Il s'assit finalement sur le bord du lit, enfila ses chaussettes après les avoir reniflées, puis ses chaussures. Il déverrouilla le loquet de la porte de la chambre et il sortit.
Elle était assise dans le canapé et lisait un roman. Elle leva les yeux, le regarda par-dessus ses verres en demi-lune, et lui demanda s'il avait bien dormi. Il ricana, qu'elle était naïve, il avait essayé de se reposer un peu, avec les nuits qu'il passait, il en aurait eu bien besoin, tout ce boulot qu'il avait eu, mais qu'il n'avait pas pu fermer l'oeil. Elle semblait très gênée maintenant, elle avait fermé et posé son livre sur ses genoux, et elle pinçait les lèvres, les iris tournés vers la fenêtre à droite. Bon, il fallait qu'il aille à la pharmacie, maintenant. Il avait aussi des choses à faire, quel boulot quand même, avec un mal de dos pareil, mais il devait quand même y aller, pour son exposition, il avait tellement travaillé, il était temps qu'on reconnaisse son talent. Enfin, voilà, bien sûr les autres n'étaient pas de son niveau, mais lui il avait dû boulonner toute sa vie pour nourrir sa famille, il n'avait jamais pu s'occuper de lui. Il était clair qu'il s'était sacrifié. Elle lui répondit que c'était vrai. Elle avait les yeux et le nez rouges à présent.
Debout face à la psyché, il saisit un flacon de parfum cher et s'en enduit méthodiquement, en appliquant le goulot, l'arrière des oreilles, le cou, et enfin les poignets en les frottant l'un contre l'autre. Il lissa à nouveau ses cheveux. Il faisait une chaleur incroyable. Il rabattit rageusement les volets, se saisit de son cartable, vérifia plusieurs fois que le cadenas en était fermé en faisant mine de l'ouvrir.
Dans le couloir, elle l'attendait, debout devant la porte, sous le lustre allumé. Il se laissa embrasser en lui commandant de bien fermer la porte surtout, et de ne pas toucher à l'ordinateur à cause des virus, elle lui clama que de toute façon elle n'y touchait jamais, que c'était pas son truc. Elle tâcha de savoir s'il rentrait manger, il haussa les épaules en répondant qu'il ne savait pas, que ses relations sociales devaient être ménagées, évidement, que cela ne l'amusait pas mais qu'elle ne s'embêtât pas, qu'il se réchaufferait quelque chose au besoin, qu'il n'avait pas besoin de manger de toute façon.

Il marcha très vite dans la fournaise à peine apaisée du jour déclinant. Le trajet était un peu long. Il se regarda passer dans chaque vitrine et insulta un cycliste qui continuait sa route au lieu de s'arrêter pour le laisser passer.
Au bar, il s'assit après avoir serré des mains et embrassé des joues, répondit qu'il allait comme ça, son dos, non pas tellement mieux hélas. Il ouvrit son cartable pour exposer un classeur rempli de collages maladroits, et en tourna lui-même les pages pour les quelques spectateurs, avec les mains qui tremblaient. Il répondit qu'on lui serve ce qu'on voudrait, qu'il ne buvait pas de toute façon, voilà, très bien, une vodka avec de l'orange. Ensuite il extirpa un collage encadré du cartable, le tendit à l'homme qui se tenait derrière le comptoir, certifiant qu'il avait pensé à lui, qu'il y a avait passé beaucoup de temps, et que c'était possible de l'exposer où il voulait dans le bar, par exemple au-dessus de la grande table. Il toisa, manifestement satisfait, les clients qui regardaient le patron, lequel décrocha pour l'occasion une publicité pour le PMU. Puis il affirma qu'il pouvait fumer puisque tout était ouvert à cause de la chaleur, et alluma sans attendre de réponse sa cigarette. Il se regarda dans le miroir qui tapissait le mur derrière le bar, entre la bouteille de Cointreau et celle de Suze, en maugréant, en réponse aux exclamations admiratives, que ce n'était pas grand chose, qu'il avait réalisé de très belles toiles, mais que bien sûr elles étaient trop imposantes et d'un autre genre que celui de ce bar. Et il plissa amèrement les lèvres.

dimanche 18 octobre 2009

Lutecewoman est bottée par l'automne.


Chutes de feuilles, de pluie, de marrons. Tout tombe en même temps car à Lutece il y a tant à faire, il y a à marcher dans les rues, à voir et recevoir et être reçu et se recevoir. Lutecewoman feuillette son agenda, fichtre, tant de gens, tant de vies et si peu d'heures. Elle déplore la fuite du temps en cherchant des superpouvoirs en supermarchant, invitée for supper ce mercredi, super ensuite une copine, en superscopie la soirée en amoureux, et puis si elle avait su, permuter tout à la suite ou à la file, le square, les cafés, les amis, les copines, l'amour, l'alcool, le gigot et jusqu'à l'os il est rogné le temps cette semaine où en quatre jours se concentrent toutes les vies de lutecewoman.
Passage chez le confiseur, goûter de madeleines et tagadas en bonne nombreuse et joyeuse compagnie, avalé face aux ors des Invalides sur un banc au soleil et aux quatre vents - dont trois venus de Sibérie - dans la chaleur amicale. Récolte d'Ashley Abbott overbookée pour cause de chômage express et rigolade au Lutece's, café. Ensuite bains, machines, purées, histoires et baisers.
Lutecewoman coiffée, glossée, met plus tard le trottoir à sa botte et Scarlett à son oreille, s'eiffelle à la nuit tombée en passant à Passy, remonte la rue déjà noire et transie jusqu'à une fille et sa mère. Bonsoir, je vous ai apporté des bonbons parce que les fleurs c'est périssable. Toutes de noir vêtues ou presque, les hôtesses et leurs invités - sauf la chemise de l'homme et de l'ail - dans l'appartement blanc oublient de faire une choré. Pour l'animation lutecewoman opte quand même pour une note honnête de trente sur vingt, pour ce dîner presque parfait où l'on se sustente légèrement deux à trois fois, suivant son âge, de gigot, de pommes de terre, puis de salade agrémentée d'une farandole de fromages, et puis de fruits, de cafés, de bonbons arrosés de vin rouge, en écoutant joyeusement Antony ou Radiohead, où l'on parle d'un film de crevettes géantes, de la ferme, de livres parus ou alors peut-être, de sonneries de portables ridicules et de dialogues à rédiger. Le gros chat Léon est vivant, qui s'ébaudit faute de camarades avec la besace en peau de bête de lutecewoman. Au revoir et merci beaucoup, le couvert et les rires furent délicieux, au plaisir donc, et l'avant-dernier métro en aérien dépose lutecewoman dans son lit douillet.
Quelques heures plus tard, un appartement rangé, des lutecegirls embrassées tendrement dans les bâtiments de ce sacré Charlemagne, cueillette de fruits et légumes et chasse de viande au citymarché, lutecewoman sur un quai de gare attend sa Shalima dans un froid de gueux, en underdose de caféine la trouve tout à coup près d'elle avec sa petite valise à roulette de trois cents litres pour trois jours. Elles se rigolent, se séparent, se rassemblent encore. Le soir elle voient à leur corps défendant un spectacle pendant au moins dix minutes, filent dans le fondu au noir jusque dans les passages des Grands Boulevards, téléguidées à l'oreille par une jeune photographe morfondue en province. Le Palace est étrange en salle de comiques, et plus loin est bondé le vernissage de Vénus Robotica. Dans les étages un peintre très lettré à crête impeccable devise avec les invités tout de noir vêtus, cheveux corbeaux et stilletos, voire parure de crinière de feu pour oeuvres portées par un modèle très à cheval sur la bienséance et sur son tabouret, qui exige des mots magiques pour se laisser immortaliser autrement qu'en furie. Leur nature humaine se rappelant à leur bon souvenir, qui regrettant le port de talons, qui déplorant l'absence de dîner à pareille heure. Dans une salle néo-pompadour, Shalima et lutecewoman accompagnent leurs ballons de rouge et deux heures de bavardage d'une petite salade de huit cents grammes.
On verra le lendemain Charming et lutecewoman nipponisée de frais, uniqlée du denim dans le quartier du Montparnasse, elle pleurant à Chiara larmes salées dans la petite salle obscure qui se mérite, Charming n'ayant pas hésité à déranger la caissière dans sa dégustation sacrée de fromage blanc, Non, ma fille tu n'iras pas danser, et non, mes tourtereaux, vous n'aurez pas un sourire ce soir, il pleut et il fait froid.
Samedi, Charming, sa lutecewoman et les lutecegirls traversent leur ville puis se regroupent au Lutece's avec Shalima, son Mr Chéri, leurs trois korrigans, tous les barbapapas, six cents pet shops et autant de Barbies, une Gretsch noire et une Epiphone.

Moralité : Temps va à cru, allô, elle vécut heureuse avec un peu d'enfants ce que vivent les roses, l'espace-temps d'un instant.
Ne manquez pas le prochain épisode de lutecewoman, avec des vrais végétaux et une batmobile dedans.


mardi 13 octobre 2009

Dark Stuff

Doubt
Losers inside
Sparkling losers
Out
Of the worldwide
Useless users

Glamour
Expansive sunglasses
Fictive characters
Clamor
From votive masses
Loud laughters

Dreamer nightmarer
Life's even worst
Than sleeping passivity
Unnamed error
Everlasting thirst
Fulfilled and empty

Crying
In the dark alone
Child in the dark
Dying
How to get grown
Up so low the mark

Pointless
Are the beauty makers
Building theories for art
Hopeless
Vampire faith takers
For real they're not smart

Gifted
Not blessed

lundi 12 octobre 2009

Losers In Bars #2


L'odeur était épaisse, mélange de sueur, aisselles, pieds, sexuelle aussi, de nourriture périmée, régurgitée, d'alcool, aigre, forte, brutale, dans l'espace confiné, respiré jusqu'à l'étouffement, de cette chambre. Quand il étendit le bras, il faisait un froid horrible, mais il réussit à attraper par terre, à côté du matelas, et sans trembler trop, la bouteille ouverte de Jack Daniel's.
Sa bouche était pâteuse, collée, dedans, glaires. Il se redressa. Il déversa une longue rasade dans ce lieu putride, sur sa langue, comme on se désinfecte. Cette gorgée le brûla tout le long de son oesophage et tomba dans son estomac, plaie bouillante tout à coup possible à situer précisément dans ses entrailles. Il rota et s'exclama que ça faisait du bien. Puis il se mit à tousser, cela lui râpait les bronches à chaque expectoration. C'est alors qu'il sentit monter la colique, qui lui tordit les boyaux, très fort. Il rampa donc hors de son sac de couchage, se redressa péniblement, jambes violacées, chaussettes dégoutantes, T-shirt et slip constellés de tâches, en appuyant sa grosse main contre le mur lépreux. Puis il tituba jusqu'aux toilettes. Des bouteilles de bières tintèrent quand il les renversa en passant.
Une fois soulagé, tremblant, blême, le front en sueur, il avisa le bac à douche couvert de crasse, trouva un vieux savon collé par terre, et s'étrilla sous un maigre filet d'eau froide. Mais, et il se le répéta plusieurs fois à haute voix, il n'était pas un pédé, lui, il était fort, fallait voir à pas venir le faire chier. Il avait bien vu qu'on le regardait de travers, hier, au Bar des Sports, et ça, il le laisserait pas passer, il avait bien vu qu'ils voulaient se foutre de lui, lui mettre sur la gueule, mais il était pas un pédé, et si on venait le chercher, on le trouverait. Il criait maintenant, que ça allait pas ce passer comme ça, qu'il allait leur montrer, qu'il était dans les paras, lui, oui monsieur, qu'il était pas une de ces lopettes, et que sa pension militaire, il l'avait méritée, lui, une pension d'invalidité parce qu'il avait servi son pays, alors fallait voir à pas venir le faire chier, maintenant. Fallait lui montrer tout le respect qu'on lui devait. Il fouilla dans plusieurs tas de linge en vociférant, qu'il était viril, lui, un vrai mec, qu'il avait eu les couilles d'aller se battre, lui, alors les autres tafioles pouvaient aller se faire foutre, il les laisserait pas se payer sa tronche. Il enfila un polo noir qui ne puait pas trop, après reniflage, un slip posé sur une chaise, et un jean. Il tomba par terre en enfilant la deuxième jambe, ha putain, hurla-t-il, putain, et cette salope qui s'était tirée, il allait la tuer,après tout ce qu'il avait fait, elle s'était tirée la pute, et lui il était son mec, elle trouverait jamais un mec comme lui. Il jeta la chaise contre le mur, dispersant au passage des vêtements, des bouteilles et des cannettes vides, et s'effondra en pleurnichant près de son lit. Il suça le goulot de son whisky, et s'échauffa. Il valait mieux que ça. Il était beaucoup trop bien pour cette traînée.
Il se leva, ha mais il avait encore sa dignité pour lui, et s'apprêta soigneusement devant le miroir de son armoire. Son perf, sa casquette, voilà, hein, personne viendrait le faire chier aujourd'hui. Sinon il lui défoncerait sa gueule de connard.
Bon, allez, c'était pas tout ça, mais on l'attendait au Bar des Sports. Il s'y rendit d'un pas lourd. Là-dedans, il faisait chaud. Il commanda un demi, comme d'hab. C'est alors qu'elle entra, cette petite, et il lui fit sa grimace qui faisait peur. Il était comme ça, lui, pas méchant, mais c'était bien qu'on ait peur de lui. Fallait pas le faire chier.

mercredi 7 octobre 2009

Post-Encyclopédie alambiquée et à l'envers III

Animaux les plus laids du monde : l'Hypsignathe monstrueux.

Après le nasique et l'orycthérope, deux stars du fear-maman de cette Post-Encyclopédie, il convenait de frapper un grand coup. Voici donc le grand coup : ceci est un hypsignathus monstrosus, ou Chien Volant à tête en marteau.

Découvrons ensemble cet animal, accompagnés par des commentaires spontanés de gens normaux (?) habitant des contrées civilisées (?).

- Arrête avec tes cochonneries !
- C'est que je viens à peine de terminer mon repas, et... Beurk !
- C'est le nouveau Batman ? "Batman Before Biginning" ?
- Very Cool !
(X, Y, Z et soixante-deux de vos amis aiment ça)
- Quelle charmante petite bête ! Quel est son p'tit nom ?
- Euh, je ne sais pas. François ?
- Jolie découverte, en tout cas. Je ne vous juge pas, mais j'ai envie de gerber.
- C'est dans quel sens ?
- Qu'on lui coupe la tête !
- D'accord, mais tu t'en charges. Ca fera un joli trophée, empaillé au-dessus de ta cheminée.
- Tu sais qu'on n'a pas le droit d'inventer des animaux, dans ce jeu !

Insérons ici les éléments instructifs du billet. Son petit nom, c'est Olitiau. Cet animal a été découvert en Afrique, où il habite encore, entre le Sénégal et l'Angola. Les explorateurs envoyés par le British Museum en 1932, dans le Sud du Cameroun, ont raconté comment ils se sont fait attaquer par des espèces de vampires géants et horribles. Les autochtonmes embauchés pour la balade sont ensuite partis, en déclarant "Olitiau !", qui signifie au choix, la contraction de "Ole" et "Ntya", qui sont des masques représentant des démons, ou plus simplement, l'équivalent local de "P*** de M***! c'est quoi ce B*** !".

Nouvelles considérations de groupe :
- Espérance de vie : 30 ans. Plus que Morrisson, Hendrix, Joplin, Jones...
- ha ! ha ! et je parie qu'il chante mieux (à part Brian Jones)
- Maturation sexuelle : La femelle atteint la maturité sexuelle vers l'âge de 6 mois, contre 1 an et demi pour le mâle. Saison des amours : Les accouplements peuvent avoir lieu toute l'année, mais il existe des pics de juin à août, ainsi qu'aux mois de décembre et de janvier.
- Ils ont une vie sociale ?
- je me demande quand même comment l'accouplement entre l'hippopotame et Batman a pu être possible... mystères de la nature...
- Je ne sais pas, je fais des recherches. Hélas, cette créature du Bon Dieu existe pour de vrai. Quatre cents grammes de mâle adulte et un mètre d'envergure.
- devait être dans un drôle d'état le Bon Dieu quand il a créé ça ! il a dû faire un pari à la con à mon avis...
- on dirait un test raté.
- Dieu n'est pas qu'un fumeur de havanes apparemment
Oui, le mâle chante, toutes les nuits et ce, extrêmement bruyamment, pour plaire aux femelles. Pour améliorer leurs chances, ils se tapent le boeuf, euh, ils s'y mettent à plusieurs. Voire à beaucoup : en quantité, on va du boys band tradi à des compostions équivalentes aux petits chanteurs à la Croix de Bois en passant par les Polyphonic Spree. En qualité, sachez que la bestiole, pour faire plus de bruit, et en fait un peu conçue comme une double cornemuse, repoussant les organes vitaux, coeurs et poumons, en très petits et sur le côté, dans ses fascinantes entrailles. Ainsi, place à un larynx géant et deux poches caisses de résonance. Qualité et décibels, donc, pour des coassements et cris. Ils sont les Johnny et Garou des Chiroptères. C'est Bat.

- Pour la vie sociale, rien, sauf que c'est un animal nocturne qui se nourrit de jus de fruit.
- Entre nous, je comprends les sorties uniquement nocturnes, et se mettre perpétuellement la tête à l'envers, mais je crois que si je ressemblais à ça, je boirais davantage que du jus de fruit...
- du jus de fruit sans vodka ? t'es sûre ? la nuit ? relis bien ton truc
- Oui, mais il ne met pas son nez partout (soulagement général). Animal d'Afrique, donc, qui joue un rôle dans la pollinisation (c'est drôle comme je voyais cela plus glamour, ce job de pollen, un truc d'abeille et de papillon...).
Bestiole porteuse du virus Ebola, aussi. Chouette, non ?
- Ça filerait la fièvre Ebola. Pas intérêt à boire dans son verre d'Oasis, à celui-là.
- tu avais envie, toi, de partager ta boisson (ou quoi que que ce soit !) avec ça ? La charité chrétienne a ses limites !
- Je ne suis pas très sûre qu'ils aient été si bien observés que ça. Je soupçonne les naturalistes chargés du boulot d'être allé se la donner au Club Med plutôt que d'observer ces charmants, euh, vivipares placentaires ?
- Bon, ils vivent en groupe de quatre à vingt-cinq individus, mais à part la femelle allaitant son petit, ils respectent (comme dans le métro) une distance de dix centimètres entre eux, toujours. En fait de jus de fruit, un certain Van Deusan, (en 68, hem) a observé certains d'entre eux attaquant des poulets pour en boire le sang.

Voilà, une bien belle leçon de dame nature. La semaine prochaine, un nouveau chaînon manquant.

lundi 5 octobre 2009

Losers In Bars #1


Elle était là, ce matin-là, dans leur appartement. De son geste lent et soigneux, elle aplanissait la housse de couette sur leur lit, penchée en avant, et ses cheveux roux lui cachaient le visage. Sa jupe, dans ce mouvement, remontée, balançait son ourlet au-dessus du creux de ses genoux. Dans le rai de lumière qui barrait la pièce volaient ces minuscules paillettes de poussières qu'il passait des heures à observer quand il était enfant, cette poudre de perlimpinpin.
Appuyé contre le chambranle, il la regardait. Il attendit qu'elle ait terminé cette tâche ménagère, tapoté et disposé les oreillers, et posé un coussin rond et rouge au centre, cerise matelassée. Elle glissa du bout des doigts une mèche de ses cheveux derrière son oreille et sursauta brutalement en le trouvant posté là, quand elle se retourna.

Il sentait brûler ses oreilles tant la colère montait en lui. Il serra le poing et approcha son visage tout contre le sien, projetant par ses narines une respiration lourde, rapide et forte. Ses mâchoires crispées lui faisaient mal.

C'est alors qu'il déversa le flot de mots, entre ses dents, fort, avec le désir de lui faire mal, de la punir, cette garce. Ha c'est comme ça qu'elle s'habillait, et pour plaire à qui, elle aillait le lui dire, qu'est-ce que c'étaient que ces numéros dans son portable, là, il ne les connaissait pas ces numéros, et pourquoi voulait-elle sortir sans lui, avec ses copines soit disant, et faire quoi, dans cette tenue. Il avait bien vu qu'elle s'était acheté des culottes l'autre jour, pensait-elle qu'il était aveugle ? Il lui criait sa haine en haletant très fort sur ses taches de rousseur. Plantée comme une poupée , les yeux agrandis par la peur, elle se mit à gémir doucement non, non, non, qu'il ne recommençât pas, pas cela, pas encore tout cela, qu'elle l'aimait, et ses larmes lui trempaient les joues, brûlantes et aussitôt glacées par ce souffle rageur d'accusations atroces.

Serrant les lèvres, il se détourna soudain et envoya son poing dans la porte, dont le plaquage creva sous le choc, laissant un grand impact rond. Elle tomba par terre avec les mains sur la tête, tremblante, et vit les jointures bleuies de ce poing. Il la regarda dans les yeux une nouvelle fois avant de sortir, l'air écoeuré. Le mur vibra tant il claqua violemment la porte en sortant.

L'appartement était plongé dans le noir quand il revint avec une douzaine de roses rouges emballées dans un papier plastique qui crissait dans le silence. Dans la chambre, l'armoire était ouverte, près du lit, à moitié vide. Il y avait un creux sur la couette devant le coussin rond. Le trou dans la porte crevée ressemblait à une plaie dans la pénombre. Il glissa par terre et pleura très longtemps, assis à côté du bouquet.

Au comptoir, il commanda un double whisky, puis un autre, et un autre, qu'il avala en silence, qui lui brûlèrent l'estomac, qui lui embuèrent le crâne, qui l'assommèrent. Sa tête lui pesait. Il la posa sur le zinc et il s'endormit.

Photographie ©Louise Imagine.

samedi 3 octobre 2009

lutecewoman salue Paris pleine. De grâce.


Samedi revenu, famille, octobre, lutecewoman sort dans sa bonne lutece la belle avec son Charming et ses lutecegirls. Automne du matin, chagrin, le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle, manches longues et vestes, trench ceinturé au corps, cavalières de zone 1.
Uniqlo ouvre rue Scribe ses portes, la queue comme à la Tour Eiffel, longe les murs de toutes parts. Au café de l'Olympia, serveurs affables, terrasse chauffée, on renonce presque à l'idée, préférant se promener en Lynch vitrine, ultime jour des Machines, Abstractions and Women. Uniqlo, Tokyo to Paris, on le sait gardera des basiques, Broadway en était témoin.
Puis par hasard, passant devant la porte, la poussette s'avère le pass VIP, le sésame pour rapporter le butin via caisse prioritaire, un cachemire de belle facture à prix gracieux - enfin, c'est Charming qui régale - gris perle V neck, il est parfait dans sa petite taille apparue par magie sur l'étagère juste au bon moment. Là-dedans, c'est l'émeute, la queue pour la caisse serpente jusque dans les étages. Le personnel serviable, dans un sourire indique à lutecewoman une caisse, lui porte sa poussette en lui offrant un sac à la sortie, merci beaucoup mais je vous en prie, en un quart d'heure la visite est terminée.
Dans la rue, lutecewoman et les siens partirent quatre, mais par un grand renfort, ils se virent cinquante mille en arrivant à demi-morts. Ohlala, ça alors, l'automne, les soldes de mi-saison, le salaire, courage mes frères, allons donc voir ailleurs si nous y sommes.
Le soleil, le grand copain de lutecewoman, se jeta tout à coup sur son visage : horreur, justement les sunglasses étaient toutes sagement rangées au Lutece's, dans son sunglasses bar privé. Bravant courageusement les éléments et les badauds et touristes, lutecewoman tente une incursion chez Marc Jacobs au Marché Saint Honoré, au péril de ses bottes, et renonce à Colette où Garance très précisément dédicace des T-shirts GAP en édition limitée. Les célébrités, d'une densité proportionnelle à la fashion week, incommodées par la foule se protègent comme Charming, pas fous, derrière leurs immenses lunettes, tandis que lutecewoman dans l'adversité, encombrée de shopping bags, ouvre le passage comme Moïse les eaux à l'aide de sa poussette et de son gracieux passager, exposant à son grand dam ses yeux couleur d'Irlande. Scooby Doo adossé à sa Mystery Machine la salue joyeusement place de la Concorde. Les touristes dans le soleil se photographient les uns les autres, les vélibs rageusement se jettent au devant des taxis et des autobus, au péril de leur vie. A Paris à vélo, on emmerde les autos.
Chic, affichent en six cents exemplaires grandeur nature des mannequins pour le magazine Razzia, Chic, c'est la Fashion Week. Lutecewoman, cheeks fuchsia, excédée de chaleur, dompte le trottoir en évitant les femmes léopards, faisant claquer, loyale, ses bottes sur les pavés.
Moralité : Insouciance et longueur de jambe fashionnent plus qu'entorses sur échasses.