

La couverture à soi tirée, à nouveau, malgré soi. Revoici la doublure, les vestes retournées, plein le dos de la duplicité de Septembre qui se dit fin d'été en grignotant jours et températures indécentes.









Sourde et salée, envolée en étoile posée sur l'épiderme de la mer, algues les cheveux derrière et l'infini droit devant : ciel. Renversant le visage, verticale à nouveau, là-bas la ligne d'horizon, bombée vaguement des réminiscences scientifiques, qui partage les bleus en liquides et inhalables, qui tranche le turquoise devenu marine en layette puis trianon.







Aujourd'hui, lutecewoman et ses amies ont décidé de tester la vraie vie. Ashley Abbott, Llyn et l'invitée mystère entrèrent donc au lutece's pour y boire de l'eau et du café et partager des biscuits industriels à la framboise.






Zestes voyants, zones acides, pointes de souffres, robe canari : de l'agrume solaire aux bornes de courrier en passant par les ors héraldiques, métalliques et capillaires, le jaune zèbre l'azur, impose ses zéniths, brise les paresses paysagées.Cette nouvelle en trois chapitres et le titre Night Bird de DJ Anonyme ont été créés ensemble pour vous, complémentaires, arty et assortis. Vous pouvez écouter le titre ici en lisant la nouvelle, puis le télécharger légalement chez Stillmuzik pour la somme que vous jugerez la bonne.
Face à face, une panthère et son amie la vipère s’injectaient des poisons de conversation. Depuis le coin de mon bar je les voyais faire, masques malfaisants, cherchant les secrets et les failles des autres convives. Bouche tordue, plis amers repassés en vain par un chirurgien avide, plusieurs fois déjà sans doute. Autour de leur cou, le célèbre foulard dont personne n’était dupe, cachant les cicatrices du très fameux lifting. Solitaires et vénéneuses, ces femmes, combien parmi elles m’avaient déjà glissé de trop gros pourboires dans l’espoir d’un vil compliment, et surtout de s’offrir ma jeunesse polyglotte le temps d’une fantaisie érotique, ou plus banalement, pour remplir le rien de leur vie sentimentale.
J’avais mon air de jeune premier, je portais beau le smoking ; mes références hôtelières étaient déjà parfaites, toutes sur la Côte d’Azur, étoiles, palaces, en quatre ans j’avais déjà vu beaucoup et inventé quelques cocktails étranges et raffinés. J’aimais jouer aussi avec les couleurs et les flottaisons de mes inspirations. Souvent mes émulsions comme de chatoyants oiseaux exotiques sur trois ou même quatre niveaux bariolaient mes long drinks. J’aimais ce métier, servir des boissons délicieuses, alcoolisées, ces boissons adultes d’un monde qui n’existait pas partout. L’espace du shaker, celui des bars de luxe. Cette croisière, son cachet alléchant, voir l’Egypte et les pyramides, cela valait la peine.
Le répit de leur dîner, la trêve, je sentais combien j’aimerais les regarder jouer toutes leurs scènes, une à une, toute la semaine, et j’assistais là, je dois l’avouer, très heureux, au premier acte. Déjà l’après-midi, le défilé des dépendants, ceux qui boivent des bloody mary inodores pour tromper on ne savait quelle dupe chargée de leur santé, et les autres, venus pour la débauche amusée des riches entre eux. Blasés, tous. Visiblement indifférents à tout ce luxe. Quant à moi, j’étais ravi, mon amoureuse dormait de son sommeil adorable et profond qui suivait l’amour, après avoir aspiré à grand bruit les moquettes trop épaisses du navire. Mon étudiante, intelligente fille d’une beauté si simple, acceptée par mon biais comme femme de chambre, et nous étions en croisière amoureuse. Nous travaillions, oui, de nos mains, tuyaux ou shaker chromés dans nos paumes, horaires décalés, service discret mais impeccable. J’étais heureux ce soir-là, devant moi une semaine en mer avec mon amoureuse, siestes croisées et emmêlées en perspective. La mer, depuis les ponts inférieurs, était aussi miraculeuse et scintillante que là-haut. Derrière moi, par le hublot, la lune universelle m’offrait son arrondi parfait.
Elle était entrée, splendide c’était indéniable, l’air folle et perdue sous son chignon piqué d’une fleur, la star, juste assez en retard pour que chacun l’admirât et la vît. Elle était belle et la moquette nettoyée par les magnifiques soins de ma bien-aimée se dérobait, aurait-on dit, sous ses chaussures trop hautes. Dans la salle, ils faisaient mine de ne pas trop la regarder, et la panthère, et la vipère, décomposées quelques instants, retinrent mon regard.
Elle était douce cette femme, au fond, et c’était triste de la voir avec ce gros type, au bar, au bord des larmes, alors que tous les autres n’avaient d’yeux que pour elle. Tandis que je versais des cosmopolitans sur le comptoir, je vis son doigt obscène et bagué remonter le long du dos nu de cette créature paumée. C’était écœurant. Je me demandais comment ces gens n’avaient pas su profiter de toute cette beauté, ce luxe, ce bien-être, comment ils arrivaient à le détruire, alors qu’il était si simple de s’aimer, et que c’était la plus magnifique chose que le monde pouvait offrir, et ce, si gracieusement… J’ai versé pour elle toutes ces double vodka orange, ensuite, et je l’ai regardée quitter la salle, chaloupant, sur la moquette imprimée hibiscus. Quand j’ai eu fini de ranger tout mon matériel splendide, je me suis glissé nu contre mon amoureuse inespérée et je l’ai aimée aussi fort que j’ai pu, dans les vibrations des machines, jusqu’à l’aube dont nous ne vîmes pas la couleur depuis notre cabine intime et dépourvue de hublot.
FIN.







La base, du beige à l'ébène, le brun embrasse la totalité de la toile ibérique. C'est le baiser cuisant torréfié, frit, rôti, le braisage des cuisses, des amers grains et fèves, cacao et café, l'ébullition des huiles, le baiser de lever. Ici même l'air est tangible, caresse sirupeuse, le miel et ses dorures, le rococo du soleil levé, du zénith qui à point vous grille, toasté comme le bois des portes, qui massivement caramélise les bétons au kilomètre carré, et le soir vous embrase de rayons arasés.





Ecumes, cotons aux crêtes des montagnes, accrochée la blancheur, recherchée même, une élégance, une nudité, un trou dans le chatoiement géant où s'ébattent les couleurs. Bulles immaculées, faîtes de vagues, tissus parcimonieux, perles, dents, cimes des maisons de chaux perchées sur un rocher péninsulaire, bulles au milieu des cris multicolores, silences dans les images, respirations.