lundi 30 mars 2009

Dior - femme d'extérieur.

Le vin se bonifie avec le temps. Mes aptitudes ménagères, également. Il y eu cette parenthèse amusante et paroxystique pendant laquelle j'ai pas mal philosophé avec lilipoupou - surnommée par son amoureux "Carabosse du logis" - partie depuis mettre la zone à l'autre bout de la terre. C'est drôle, sur le chemin au demeurant fort court qui séparait nos deux appartements, il y avait un magasin spécialisé en aspirateurs. Justement, le mien pendant dix mois n'avait plus de sacs. Chaque fois que je passais devant la vitrine, je me disais, c'est pratique, ce magasin, je vais pouvoir commander des sacs pour mon aspirateur. Ensuite je dînais chez elle ou bien chez moi, le vin était excellent même si parfois, comme nous, un peu jeune, et la soirée exquise.

La légende voudrait qu'une de mes obsessions majeures soit Dior. Plantée devant la porte de ma mazette, côté jardin ou côté courses, je demandais Dior. Un mètre d'altitude et de blondeur : je voulais aller dehors. Une vraie fille d'extérieur. La mazette en question, imprégnée de fifties, collectionnait les articles électroménagers denier cri (utilisés souvent par sa bonne). Sa fille en fit autant, du couteau électrique orange pour couper le rôti en passant par la centrifugeuse, le robot coupe/cuit/mixe, la machine à crêpes, à raclette, la bouilloire électrique, le rice-cooking... j'en ai vu des machines qui se branchent. Pour cuisiner, pour tricoter.

Quant à moi, dès que j'ai reçu mon premier salaire, le vrai, je me suis empressée d'en claquer la moitié dans des bottines free-lance en cuir noir, un des achats les plus excitants de ma vie de grande. Pour le reste, j'ai flambé tous mes baby-sittings et cours particuliers en trains, boissons, restaus, CD. Et jamais, jamais je ne l'ai regretté.

Bien sûr, je me suis policée au contact de Charming. A dire vrai, c'est d'abord pour lui que je me suis un peu intéressée à mon intérieur et que j'ai appris à cuisiner. Histoire de partager une vie harmonieuse et d'aimer être chez nous. J'avoue même une joie certaine le jour où j'ai acheté un frigo congélateur - la possibilité d'une île glacée. Les hormones sans doute, j'attendais lutecegirl.
Je confesse aussi mon bonheur à savourer des cafés Nespresso devant mon ordi, à domicile, et à les partager, surtout.

Quand j'ai découvert electro, j'ai d'abord pensé qu'elle parlait de house. Or, oui, de maison et d'éléctroménager, il était question dans son blog. Et de fil en prise, de commentaire impertinent en réponse hilarante, je me suis attachée à elle, et elle, tout à coup unplugged, a ouvert un vrai blog où elle disjoncte enfin. Aujourd'hui, retour à la source, je suis l'interviewée de sa centrifugeuse interview. Oui, vous lisez bien, la jeune ménagère a répondu à des questions dans un blog électroménager. Pardon, ceux qui me lisent, je ne vous ai pas ménagés aujourd'hui. Se ménager, au fait, pourquoi faire ?

PS : carpette diem, j'aime toujours Dior et ses petits camarades, et en bonne écolo esthète,  je déteste les trucs superflus  à prise. 

samedi 28 mars 2009

People Take Pictures Of Each Other


"Oh, tu sais, pour moi, ça c'est pas du rock, tu vois ? L'esprit rock, ça envoie, ou alors j'suis trop fatiguée moi, non ?" Cette grande brune, attache ses cheveux flous en chignon, pas une once de make-up. Sourire à petites dents jolies, à grande bouche, yeux espiègles, elle me fait marrer, lulu. Je vais me coller à ses tirages, des photos de mode pour des T-Shirts à slogan rock, contre le mur du fond, mêlées à des oeuvres de pochoirtiste. Glaz'art dans la nuit de janvier, one shot SPK, le genre d'endroit où l'on tombe sur des bons, paf, vivier, et comme ça, mine de rien, entre son amie gracieuse et son mari charmant, lulu et moi, on se trouve sans se chercher.

"Tiens, je te file ma carte, bah et toi qu'est-ce que tu fous, mais t'en as pas ? Mais n'importe quoi cocotte, faut te faire connaître un peu ! Tiens, celle-là elle est rigolote, avec la fille qui se tient les nichons. Tu vas te casser là ? Tu veux pas qu'on te raccompagne ?". Voilà, lulu vernie, je la connais depuis vingt minutes et on est déjà en train de se marrer. Entre le webzine qu'elle chapeaute, ses kids, ses amis, son amoureux, lulu a fort à faire mais prend le temps de tout.

Lulu, une semaine et cinq cents messages plus tard, débarque chez moi boire du thé au litre et manger ses chouquettes. L'après-midi passe à toute vitesse. Ma copine lulu a un sac besace en muppet, une allure démente et un humour hallucinant. Lulu n'est pas conne, loin s'en faut. Lulu voit tout et parle beaucoup, de son parler fleuri qui me fait bien marrer. Lulu, sa peau superbe, ses yeux noisettes et son rire.

Je visite lulu, une aprem, dans son home. Deux litres de thé vert, pour elle, encore du muppet - veste sans manche, tapis de dog pour gens sur son fauteuil, dessus de lit - encore des projets, encore des sourires. On bosse mine de rien, on se sent bien.

Je pose pour lulu, un jour de grand soleil. Carole - rockeuse-coiffeuse-maquilleuse - me parsème de couleurs à coups de pinceaux, baisers papillon. Lulu regarde tout, engouffre joyeusement une baguette magique multicéréales trempée dans un nespresso bling-bling allongé. Lulu se marre pas mal et commente tout. Lulu et son reflex, dans sa combipantalon, ne s'énerve jamais. Elle observe, elle rigole. Derrière son gros objectif, elle sourit. Elle aime ce qu'elle fait.
Ce n'est pas la première fois que je pose. Justement, j'ai cessé depuis longtemps toute photo posée pour ne plus me sentir chose, pour ne plus me trouver dans le prisme du désir. Je refuse de me sentir manipulée, je refuse même toute volonté sur moi. C'est dire comme je me sens à l'aise, là, de poser. Même chez moi, même dans mes fringues, même face à une copine, même avec cette créature qui est le Vinci de la coloration, j'en suis la preuve vivante.
Mine de rien, sans me forcer, sans chercher midi à quatorze heures, lulu m'aiguille sans me diriger, me redonne sourire, me redonne confiance. Très doucement. Non seulement elle est bienveillante, et marrante - elle déclare en le pensant que Caro a un "beau boule" et m'apostrophe "bordel avec des seins pareils, pourquoi tu mets des soutifs, j'te jure" - mais tout à coup je comprends qu'elle a tout pigé. Les doutes de la mum, les craintes de la fille, les peurs de la gosse. Elle n'en dit rien, mais son sourire, là, c'est celui de la fille qui est heureuse parce que ce qu'elle fait, elle adore ça, et que son modèle, elle le trouve beau. La compo, la lumière, tout est magnifique. Mais le plus beau, c'est ça : ce lien de confiance, gagnée. Et crois-moi lulu, le jeu était difficile.

*photo © Eric Battistelli

mercredi 25 mars 2009

Passer le Cap Adare

Boire de l'eau glacée dans une timbale laisse un goût de métal. Ecouter le troisième opus des Guns Of Brixton, aussi.

Les douze titres de Cap Adare - les deux derniers proposent des radio edits vraiment différents des originaux - sont certes du dub, basse et batterie bien présentes, mais du dub hybride à n'en pas douter. Et quels métissages ! L'album s'échappe tous azimuts, même s'il se revendique dub, pour offrir aux auditeurs abasourdis ou pour le moins étourdis des compositions principalement rock. Des guitares rock, en veux-tu en voilà ! Avis aux amateurs, les riffs ne manquent pas de faire leurs gros effets. Ensuite surprise, envoyez des sirènes de pure tradition noisy, paf, en plein dans la mélodie, laissez beugler le chanteur en fin de Cannibale (très efficace, mais ne casse pas oreilles, joie de la
balance parfaitement réglée). Ces teintes métalliques reviennent souvent, en particulier sur des passages de batterie endiablés ou de guitares over saturées pur jus hard.

Compositions élégantes et froides, qui mêlent les genres et promènent l'auditeur. Touchantes compositions parfois, qui vous attrapent par une corde sensible et inattendue, celle d'un violoncelle sur The Burden Of Betrayal. Ou par les cordes vocales de la jeune fille désabusée au phrasé Taxi Girl qui vous déclare "il est des voyages dont on revient comme on peut et quand on peut" sur la version radio d'Ajoute l'Enfer, émouvante et révoltée. La réverbe permanente donne son effet : on en garde un écho, ce goût de métal, ce goût de reviens-y.

Sortie Lundi 30 mars, Cap Adare, Guns Of Brixton. Nombreuses dates programmées.

dimanche 22 mars 2009

A la Maud de chez nous.

Une histoire de gosse, encore une. Une histoire de gosse campagnarde, mais pas de ces campagnes à longues bâtisses XVII ou de mas écrasés de soleil où crépitent les cigales tandis que mûrissent les olives. Non, dans la vraie campagne, l'hiver, on se gèle, la boue tache, les biques puent et les mouches pondent dans les fromages. Dans la vraie campagne, les salades crèvent quand on ne les arrose pas, les bâches traînent dans le jardin avec les carcasses de voitures. On ne remplit pas de beaux paniers d'osiers, on trimballe des sacs Leclerc.

Des histoires de gosses. Avant d'écouter celle de Ninon, neuf ans, j'ai déjà entendu celles de Gilbert, huit ans (celui qui s'était tué en faisant poum avec son pouce quand il avait cinq ans) et de Zazie. Dickens et Hugo, non plus, je les ai pas loupés.
Alors je me méfie - je suis déjà attachée à Maud, l'écrivain, la femme, et je me méfie et d'avance je me désole de me méfier. Le récit à la première personne, l'histoire d'enfance, la naïveté, je les crains.

Et puis j'ouvre le livre et le charme agit. Ce n'est pas mièvre, ce n'est pas ennuyeux, ce n'est même pas misérabiliste. C'est même carrément fort, en particulier cet incipit qui me prend à la gorge : "Sur la petite voiture, un matelas à rayures et des gros cartons sont posés. Tout notre barda tient là, sur la galerie d'une Clio." Ninon née par hasard de Zélie et Fred, des ados, navigue dans un monde où les adultes n'en sont pas, font des fêtes, ont des percings, n'achètent pas toujours à manger. Ninon a une intelligence de la nature, et ressent à pleine puissance les déchirements de destins qui n'étaient pas les siens. Cette gamine complètement inadaptée, bien malgré elle, souvent au bord des larmes ("larmes de crocodiles", mon cul, comme dirait Zazie l'urbaine) est touchante à en frissonner - heureusement, merveille, certains adultes sont touchés par sa grâce. Même si pour la plupart, ce sont des paumés ruraux, bien emmerdés par la situation, et qui laissent courir.

Ce roman m'a fait vibrer de sentiments divers.  La colère contre le manque de soins, d'abord, contre la négligence, contre l'égoïsme, contre les engagements politiques qui salissent son quotidien. La compassion pour Ninon, trop solitaire, dont le seul ami vrai est un chien. Mais c'est pour la beauté de l'affection qui la lie à sa jeune soeur Agathe (quelques passages magnifiques sur la sororité)  et la bienveillance inattendue parfois, de l'instituteur accordéoniste, de la petite amie de l'oncle, que je vous incite à lire Dis oui, Ninon. Scènes au son juste et ton émouvant, preuves que la vie n'est pas totalement dégueulasse et que de bien belles fleurs naissent dans le crottin.

jeudi 19 mars 2009

lutecewoman à la plage

Aujourd'hui, il fait beau. Lutecewoman chausse ses bottes et met ses lunettes Dior. Lutecewoman aime bien ses lunettes Dior.
- Youpi ! dit-elle à ses amis, le soleil est revenu !
En effet, l'astre du jour reluit comme s'il était poli. Les feuilles dans leurs bourgeons explosent en pop-corn émeraude. La liesse de la nature étourdit lutecewoman. Tous les pigeons, même ceux qui ont des vilaines pattes en moignons, se rengorgent. Les palombes roucoulent, les péniches se refont une beauté, les pavés se plagent.
- Bonjour, ânone lutecewoman en s'écroulant comme une masse sur son siège en plastique. Quelle chance ce temps, n'est-il pas ? O merveille de la Nature, tout explose en ces jours radieux ! Bonjour monsieur le serveur, donnez-moi donc un quatorzième café, voulez-vous ?
Les conversations vont bon train, du corail au TER avec fille en passant par la Micheline. Une grève agrémente agréablement le fil des mots.

Oui ! s'exclame lutecewoman en battant des mains, et si nous prenions le premier bain de soleil de l'année ?
Le soleil son grand copain accourt, rayonnant joyeusement sur ses pommettes et son nez.

Gambadant au pas de loi dans les riants couloirs du métro, sous la douce lumière du néon, lutecewoman se vocode copieusement les oreilles avec des Petits Fours en feuilletant un magasine culturel de qualité.

Voilà, la journée est finie ! Lutecewoman regarde dans la glace : oh, quel amusant contraste, s'enthousiasme-t-elle, je suis un indien, je suis un apache, wouwou. Dans les marques ovales blêmes autour de ses yeux, on peut voir l'infini.

dimanche 15 mars 2009

Dans mes bottes des centaines de questions




Plus jamais de nouvelles chansons. Bashung. Bashung, bande originale de ma vie, mort hier bien trop tôt, bien trop malade.
Il chantera encore pour moi, avec ce goût amer désormais. Je me sens bien démunie sans lui. Je me sens bien malheureuse, égoïstement malheureuse. Qui désormais me fera frissonner en français ?
Le nerver mort, quel vertige pour l'amour.
 

mercredi 11 mars 2009

Giboulées

Plaie du trottoir éventré : de la terre. Boue urbaine. Travaux. Jardins. Crevant les profondeurs de gris, un rai de lumière en plein dans ma rétine. Cercles odorants d'asphalte, pois anthracites sur ciment gris perle, goutte à goutte, précipitation, pas précipités des gens. Goût, langues des ambassades, goût des gouttes coulées sur les visages, courses des gens, refuge, replis. Cochère, souterraine, la grotte. Bourrasques, vent fou, parapluies retournés, marine des uniformes, marines mes cuisses, pétrole d'impers, roi un blouson, turquoise un pull. Ciel retourné, ciel ravagé, ciel pétrifié.

Lumière crue, trouée soudaine, flaques, parcs soufflés, boue sous les bottes. Patauger, marcher sur l'eau. Petits bruits mouillés, succions, faiblesses de talons, ralentir. Le bois solide du banc, amarre. Chavirer, échouer.

Vent, flotter les rues, voile du manteau qui claque. Café, chaleur. Mince sourire, pensées, tempête de pensées, sucre qui coule.

Ressortir, se planter. Souffle. Densité. Se chercher. S'enfuir en courant.

lundi 9 mars 2009

Couverture (almost the same, but no, it's almost in english)



Electro asked for a preview of the Gare de Waterloo's LP to come. That's why I'm showing you the cover today. I won't give up. I'm the press officer of that fucking band. They are so real. It's such a buzz that Laurent Boyer (a french old fashioned tv journalist) came and laid down on Lutecewoman's wooden floor in order to interview the charismatic singer leader as only he can do. Caressing friendly her right calf while she swallowed a dozen of Nespresso Volutto, he ate a whole bag of currants asking nice questions. Replay.

Laurent Boyer : Lutece, march 2009, it's a bit a change of direction, isn't it ?

Lutecewoman : yeah.

L.B. (playing with his moccasin) : We can feel you're working up a sweat now...

LW (in a punk movement, grinding a bit her teeth, crushing his fingers with her boots - you can tell how she's enjoying this sadistic game in spite of her sunglasses) : Yeah, music makes me wet, yeah, not wrong, now you're talking about it (she spat the pedada leaf she was chewing into a crystal inkpot, slurped all her Nespresso then threw the empty cup over her shoulder. It broke in small pieces in slow motion against the wall).

L.B. : haha, I love so much this punk tenderness ! You drive me crazy, Lutece ! That name of band, it poped up just like that ?

LW : are you an idiot ? Have you ever listened to real music in your life or are you fucking kidding me ? (he's laughing, enchanted) The Kinks, no, Didn't you think about the Kinks listening to us ?! Our melodies are as good as theirs, it's a fucking homage!

L.B. : Tell me, pedada and so, it's past, isn't it ?

LW, like a pink panther, laid down on her coffee table, enigmatic : hnn hnn.

LB : so, that title, nostalgy ?

LW : fuck me, Boyer, it's incredible how you can't get anything ! Can't you see it's fucking cutting cynicism? Past is bullshit, yeah, do you want me to say it was better before ?

LB : these songs, "From Mud to Neon" and "Pussycat In A basket", is it the outcome ?

LW : it's where you come, dude.

LB felt weird . Currents were dry pedada actually. He started to laugh then collapsed suddenly. LW stood up, staggered to the front door and bumped into Jamie Hince and Carl Barât sleeping there. They laughed. Meg White came and gave french kisses to the three of them. Gail Ann Dorsey was laughing in the kitchen. LW took her trolley, put lipstick looking at her reflexion on her golden mirror in her Hausmanian entrance, and left us all alone by walking out the door.

This is a tag. It's a fiction, and if not, well, prove it. I hand over to Maud, Amandine, Shalima, Ashley and Murray.

Rules of the tag : make a cover. The name of the band is the first there, title of the album is the three or four last words of the quotation here and the picture is the third one over-there. Do whatever you want with it, never mind the bollocks after all .

dimanche 8 mars 2009

Cover me


Electro a voulu un avant-goût du prochain album de Gare de Waterloo. Je vous jette donc la maquette du prochain album, mais je refuse de jeter l'éponge. Je suis l'attachée de presse de ce putain de groupe. Ils ont une vraie attitude, et le buzz est tel que Laurent Boyer est passé s'allonger sur le  parquet de Lutecewoman, la charismatique chanteuse leadeuse, pour une de ces interviewes si cools dont il a le secret. Caressant d'une main amicale son mollet droit pendant que qu'elle avalait une dizaine de Nespresso Volutto, il s'est envoyé un paquet de raisins de Corinthe en posant des questions sympas. Magnéto.

Laurent Boyer : Lutece, mars 2009, c'est un peu le virage, non ?

Lutecewoman : ouais.

L.B. (jouant avec sa chaussure bateau) : On sent que tu te mouilles en ce moment...

LW (dans un élan punk, grinçant vaguement des dents, lui écrasant les doigts de ses bottes avec un plaisir sadique visible même derrière ses lunettes noires) : Ouais, la musique ça me fait mouiller, ouais, c'est pas faux, maintenant que t'en parle (elle crache dans un encrier en cristal la feuille de pedada qu'elle vient de chiquer, aspire son Nespresso d'un trait puis lance la tasse vide par dessus son épaule, qui se pulvérise au ralenti contre le mur).

L.B. : haha, j'aime trop cette tendresse punk ! tu me fais délirer, Lutece ! Ce nom de groupe, il vous est venu comme ça ?

LW : mais t'es con ou quoi ? T'as jamais écouté un putain de vrai disque dans ta life ou tu te fous de ma gueule ?  (il rit, ravi) Les Kinks, non, t'as pas senti ces putains de Kinks en nous écoutant ?! Nos mélodies sont aussi bonnes que les leurs, c'est un putain d'hommage !

L.B. : Dis, le pedada, tout ça, c'est de l'histoire ancienne, finalement ?

LW, telle une panthère rose, s'allonge sur la table basse, énigmatique : hnn hnn.

LB : alors ce titre, la nostalgie ?

LW : putain, Boyer, c'est dément comme tu piges vraiment que dalle ! Tu le vois pas que c'est du putain de cynisme cinglant, non ? Le passé, une belle connerie ouais, tu veux pas non plus que je te dise que c'était mieux avant ?

LB : ces titres, "From Mud to Neon" et "Pussycat In A basket", c'est le bout du bout ?

LW : c'est le fond du trou, mec.

LB se sent bizarre. Les raisins secs étaient en fait des boulettes de pedada séché. Il commence à rire puis s'évanouit brusquement. LW se lève, titube jusqu'à sa porte d'entrée, trébuche sur Jamie Hince et Carl Barât, endormis là. Ils rient. Meg White vient leur rouler une pelle à tous les trois. Gail Ann Dorsey se marre dans la cuisine. LW prend son caddy à roulettes, remet du rouge à lèvres en se regardant dans le grand miroir doré de son entrée Hausmanienne, et sort de chez elle en nous laissant tous en plan.

Ceci est un tag. Toute ressemblance avec une situation connue ou à connaître reste à prouver. Je refile le jeu à Maud, Amandine, Shalima, Ashley et Murray.

(dé)réglement du tag : fabriquer une cover. Le nom du groupe est le premier , le tire de l'album, les trois ou quatre derniers mots de la dernière citation ici et la pochette est la troisième image, là-bas. Pour finir, faites-en ce que vous voulez, never mind the bollocks après tout.

vendredi 6 mars 2009

Itinéraire Bis

Je suis une guest aujourd'hui, chez Kriss. Laquelle a demandé à ses copines bloggueuses une photo de vacances avec un petit commentaire.
Je lui ai donc offert du son et des rimes... à vous de voir...




Découvrez Wilson Pickett!

lundi 2 mars 2009

Fous alliés (Clip Culte #3)

 
Le plan séquence, depuis la Corde d'Hitchcock, un moyen superbe de souligner le lien. Les duos mortels des Murders Ballads, neuvième album de Nick Cave and the Bad Seeds, ont marqué 1996. D'aucuns diront que c'est grâce à Kylie Minogue et au clip préraphaélite - d'ailleurs enchanteur - que cet album doit son succès public (ha prétexte, la carrière de la belle, alors moribonde, devint alors si hype !). Or, il semblerait que ce soient bien plutôt la beauté des voix qui se complètent, les choix judicieux des accompagnements (entendez le piano d'Henry Lee), les mélodies très belles et douces sur ces récits gothiques de crimes passionnels qui ont saisi les amateurs aux tripes.

Parmi les plus intéressants, cette reprise de chanson traditionnelle, où c'est la belle qui allonge à jamais l'homme qu'elle aime à ses côtés. Le clip, au lieu d'illustrer le récit macabre, souligne de bout en bout le désir puissant qui lie cette femme à son Henry Lee. Quintessence de désir entre Polly Jean et Nick, qui se mangent des yeux, et lui à deux reprises l'approche de ses lèvres. Ils se frôlent, se touchent, se chantent tendrement au visage, se dansent, s'embrassent et s'embrasent. PJ Harvey et Nick Cave, amants, si liés, par ce plan séquence donc, qui les rapproche, les éloigne, les plonge et les contre-plonge. Gros plans sur sa langue à elle, plan américain de danse esquissée en final. Tout les rapproche : leurs vêtements, coupes de cheveux, androgynes, les mêmes, cheveux mi longs bruns et costume sombre sur chemise blanche entrouverte.
Duo mythique dans la lumière verte, ce clip illustre le désir, et la subtile ironie de la ballade des amours mortes rehausse la beauté et la fugacité de la vie et de l'amour, condensés ensemble dans les deux voix superbes de Nick et de P.J., qui s'aiment à mort.