samedi 28 février 2009

Maud en Stock, début 2009

Qu'est-ce qui pousse à écrire ? Quel est ce déclic qui fait qu'un beau jour, on se retrouve à rédiger des centaines de pages, à raconter des histoires, à romancer le monde ?

Naissances de livres, questions créatives : comment rendre concret le nébuleux ?

Maud Lethielleux, auteur du roman "Dis oui, Ninon" à paraître le 04 mars chez Stock, sans code barres ni cartons, s'est prêtée au jeu de l'interview cosmogonique.


Je vais essayer de te répondre Lutecewoman, mais ce sont des réponses de débutante, je ne peux pas donner de leçon, ni de recette, je peux juste te raconter ma façon de faire, d’écrire ou en tous cas, d’essayer.

Qu'est-ce qui t'a pris de te mettre à écrire ?

Il y a 3 ans, en vacances j’ai passé une semaine à griffonner sur un carnet. C’était très jouissif, j’aimais les crampes aux doigts et la petite lumière en moi quand les pages se noircissaient, j’étais toute fière avec mon carnet et je me suis dit que j’allais continuer en rentrant à la maison, je ne savais pas où je voulais aller mais je voulais rester dans ce plaisir et surtout j’aimais l’idée de laisser une trace, une preuve que j’étais en vie, un souvenir de moi-même. Mais quand je suis rentrée chez moi, j’ai laissé tomber, trop occupée par les contingences du quotidien. Même le recopier me paraissait trop long. Et puis j’avais jamais su m’organiser, même en musique j’ai tout appris à l’arrache, sur le tas, en répétition juste avant de monter sur scène, je n’ai jamais répété seule devant une partition, et j’ai pensé à ce moment-là que l’écriture n’était pas pour moi : Trop fainéante, trop brouillon, pas assez sérieuse.

Et puis un jour, j’ai recommencé et j’ai à nouveau abandonné mais les temps qui ont suivi, j’y ai pensé chaque jour et j’ai commencé à croire que ça allait devenir possible.


C’est au Maroc que j’ai écrit vraiment. J’y vais souvent car je participe à un projet d’écotourisme dans une ferme berbère, j’y vais en voiture et sur les dernières heures de route en novembre il y a un an et demi, sans vraiment y penser, j’ai su de quoi j’allais parler. Tout s’est construit très simplement, la fatigue et les paysages aidant. C’était mon premier manuscrit : « Petite voyageuse », je l’ai écrit en novembre et l’ai terminé en décembre en pleine tournée, j’écrivais en coulisses, à l’hôtel, je ne pensais plus qu’à ça ! Je l’ai envoyé à quelques maisons d’édition sachant qu’il ne serait pas retenu, je l’ai envoyé surtout pour savoir quel effet ça faisait, et comprendre comment tout ça marchait et je me disais qu’un coup de bol pouvait quand même m’arriver… D’ailleurs, il est arrivé ! J’ai reçu rapidement un appel très enthousiaste d’un éditeur important qui me disait que sa lectrice en chef l’avait adoré et qu’il était entièrement confiant, il allait le lire le week-end et me rappellerai aussitôt. Il ne m’a jamais rappelé. J’ai beaucoup appris en attendant ce coup de fil, en sursautant à chaque sonnerie, en ouvrant ma boite mail 80 fois par jour et à la fin j’ai pensé que si les éditeurs étaient tous aussi cons, je préférais écrire pour moi.


Comment le roman te monte-t-il à la tête ? Quelle idée ?

Le second roman je l’ai commencé juste après avoir envoyé le premier. J’ai posté « Petite voyageuse » et on est reparti vers le Maroc où je devais dessiner des plans et sur le trajet, entre Casablanca et Essaouira, après trente heures de route, une nouvelle histoire est venue. D’abord le lieu, l’ambiance. Je voulais parler d’un univers que je connaissais bien, du village où j’ai grandi et d’une famille nombreuse atypique qui m’a beaucoup marquée. J’ai dit ça à mon ami qui m’a répondu : Tu pourrais parler de baba-cools, c’est un univers que tu connais… Et voilà, une histoire est née : celle d’une communauté hippie qui s’installe dans un village complètement paumé.


Je raconte ça car c’est un peu ainsi que l’histoire naît en moi : Un lieu, l’envie de faire découvrir au lecteur un univers particuliers, dont il n’a pas idée et qui pourtant est tout proche. Et ensuite, une phrase dite par quelqu’un, un détail et en quelques heures une histoire se construit d’elle-même. Je note des mots sur un carnet, et je ne dis plus rien et mon chéri ne se doute pas que je pleure toute seule derrière mes lunettes de soleil (que je ne mets qu’à cette occasion), et si je pleure, c’est que j’y crois.

Ce deuxième manuscrit a pour titre « Pain d’épices », j’aime beaucoup l’histoire mais le ton est un peu banal et pas assez percutant, surtout pour un premier roman. J’ai su qu’il ne serait pas édité mais au cours de ces 500 pages, j’ai eu l’impression de faire un bond en avant.

Et quand j’ai enchaîné avec « Dis oui, Ninon », ça s’est passé de la même façon. Troisième voyage pour finaliser le chantier et aider nos amis marocain à ouvrir le lieu, sur les dernières heures de route je pensais au manuscrit que je venais d’écrire, à Violette, un des personnages, une petite fille nomade, et je pensais aussi mon premier manuscrit et à des réflexions que j’avais entendues, des compliments sur les passages qui ont lieu dans la ferme de mon enfance (« Petite voyageuse » étant autobiographique) et j’ai eu envie de parler d’un univers que je connaissais vraiment, celui dans lequel j’ai grandi. J’ai juste pensé à ça et l’histoire s’est imposée. Je m’étais promis d’arrêter d’écrire quelques temps, je n’avais pas arrêté depuis cinq mois, mais en posant mon sac à dos dans la ferme en travaux, entre un tas de paille et des sacs de chaux, je n’ai pas pu résister. Mon copain a éclaté de rire, il m’a dit : Déjà ??? J’ai boudé et j’ai répondu que non, pas du tout, n’importe quoi…

Mais j’avais commencé et je n’ai pas lâché mon doigt (j’écris d’un seul doigt d’une seule main) le temps de l’écrire. C’était très intense et surtout j’ai essayé d’éviter les erreurs que j’avais faites sur mes deux premiers, d’aller à l’essentiel, de resserrer, de me laisser surprendre, de ne pas trop en dire…


D'où viennent les personnages de ton petit monde ?

Je m’inspire de personnages que j’ai rencontrés, de mes proches, et bien sûr de moi… J’essaie de retrouver un regard que j’ai eu à un moment donné, une perception.


Comment se déroule l'histoire ? Sais-tu d'avance tout ce qui va se produire ?

Pour « Dis oui, Ninon » et « Pain d’épices » j’avais un plan assez vague et dès que j’avais une idée de chapitre, je notais un mot, un titre. Chaque jour j’écrivais 3 chapitres et notais le titre, l’idée des 3 prochains pour le lendemain. Mais au-delà de ces 3 chapitres d’avance, je n’en savais pas plus, j’allais vers ma fin ou l’idée que je m’en faisais.

Pour mon tout dernier « D’où je suis, je vois la lune » qui paraîtra en janvier 2010 chez Stock, je ne préparais pas mes chapitres la veille, je ne savais absolument pas de quoi j’allais parler en m’installant devant l’ordi. Je n’avais que la scène finale en tête, qui me menait par le bout du nez.

Ce que je trouve génial, c’est de ne pas savoir de quoi on va parler et finalement se faire surprendre par ce qui vient, et se dire : Y’a tout ça là-dedans, en moi, que j’ignorais !

J’écris en général dans un café. Mais quand je pleure trop je suis obligée de remballer, sinon les petits vieux veulent me consoler…


Quel est le meilleur moment de l'écriture d'un roman ?

Tout le temps !!!

Pour moi, il n’y a pas de moment. Je vais dans un café et je me dis : C’est maintenant. Et j’attends. Parfois c’est douloureux et je déteste ce qui vient, j’ai honte mais je continue quand même, je sais qu’à un moment ça va se débloquer, que le plus dur est de commencer. J’ai ressenti ça très fort avant d’écrire mon petit dernier, une trouille énorme de ne plus y arriver. C’était terrible mais ça a porté ses fruits. Chaque jour, j’allais au café et je raclais le carrelage de rage. Mais je restais et un jour, l’histoire est venue et je ne l’ai plus lâchée.


Pour moi c’est plutôt une histoire de décision. Je conseillerais de sortir de chez soi, de s’impartir un temps chaque jour pour écrire. Une de mes amies qui travaille à plein temps et a deux enfants, a choisi de se lever une heure plus tôt chaque matin et de ne plus regarder la télé le soir, ça a marché ! Je conseillerais aussi de ne pas se relire avant d’avoir écrit une cinquantaine de feuillets au minimum pour pouvoir redécouvrir le texte sans le connaître par cœur. Je le lis ensuite à voix haute. Pour ma part, j’écris à peu près le même nombre de feuillets par jours, je me donne un objectif temps, ça me rassure. Sur la fin, je prends plus mon temps, je n’ai plus peur de ne pas aller au bout.

Dernière chose : J’ai besoin de m’attacher aux personnages, s’ils ne me touchent pas assez, je me sens incapable de les faire vivre tout un livre. Finalement, je cherche plus les personnages et leur façon de regarder, que l’histoire elle-même.


Et le pire ?

Ecrire (quand j’y arrive !) me rend joyeuse, alors je dirais plutôt que le pire moment est le meilleur.


Peux-tu me dire si tu sais où tu vas, à la fin ?

J’ai une idée de fin, c’est elle qui me tient, j’y pense énormément, mais quand j’y arrive, c’en est une autre qui m’attend. J’ai été tenue par l’illusion de la fin, puisque de toute façon, rien ne se passe jamais comme on l’a prévu !


vendredi 27 février 2009

Créatures

Sous l'alu, papillote papotante, pépiant quelques réparties à ma pâle amie, polie, au téléphone people for one day, j'ai déroulé les heures au fil des mèches de ma blondeur réinventée.

Dans mon Lutece's, Barbies party : poupée coiffée ici, poupettes coiffantes là, coiffeuse ébouriffante ici. Chosifiée au dernier degré par une créature, pelant des navets au crépuscule entre des mèches et de la couleur, coupée en quatre de la pointe, illuminée par petites touches, je reçois une coiffeuse à domicile. J'ai eu de la chance : quand je l'ai appelée, demandant grâce et fée magicienne, elle pouvait me caser entre un shooting et un tournage (ouf).

Charmante chimiste, au pinceau me palette, lentement, soigneusement, amoureusement. "J'adore mon métier. On arrive, on trouve les clients, il faut les comprendre. Et on les rend beaux. J'aime rendre les gens beaux."

Créer du beau, comprendre les gens, échanger. L'artisanat comme forme d'art. Je suis son oeuvre, souriant miroir de son contentement.

Et à la nuit tombée, elle repart en talons sur les rails de notre ligne commune. Puis j'ensoleille l'oreiller et je dors le sommeil de la Belle.

dimanche 22 février 2009

Tours


Elle verse à son endroit
Quelques fragments en vers
Des passages étroits
Et tout d'elle tend vers
Les étourdissements

A vive allure sa ronde
Flèche vent lancer tir
Quelle cible à sa fronde
Dans son sillage s'étirent
Les arrondissements

Que cède le passage
A la blonde bottée
A ses rêves pas sages
A sa soif de beauté
A ses tours doucement

Envers et contre lui
Sans prendre de recul
Se chiffonne se reluit
Sent son désir circule
En agrandissements


jeudi 19 février 2009

Dans le SAS


Son ongle verni pressa six touches gris pâle, rectangle fuchsia luisant. Lorsqu’elle colla le combiné à son oreille, sa créole dorée se plaqua à son cou et ses bracelets graphiques noirs et blancs descendirent brutalement de son poignet au creux de son coude, sur sa peau diaphane.

- Boris, le pigeon voyageur s’est envolé, déclara-t-elle d’une voix grave.


Du mini-bar, elle extirpa une flasque de vodka, qu’elle bu d’un trait. Elle enfila ensuite son slip tanga en dentelles blanches et sa mini robe rose shocking, en ajusta les épaulettes. Puis glissa ses pieds dans ses escarpins à talons aiguilles. La chaînette dorée de son sac à main cliqueta contre son pistolet noir quand elle le rangea à l’intérieur.


Elle inspecta d’un regard ciel la chambre d’hôtel, le lit défait aux draps de satin noir. Au moment de fermer le couvercle rigide de sa Samsonite anthracite, elle avisa la porte de la salle de bain, entrebâillée. La lumière crue des néons tranchait la moquette d’une strie blanche. De son pas vif, déroulant ses jambes, panthère d’intérieur, elle se jeta dans la lumière.


Sur le marbre, elle récupéra son sèche-cheveux, ses brosses. Elle exagéra le triangle de son visage d’un trait de fard à joues, rosit généreusement sa bouche pulpeuse, appliqua du bleu sur ses paupières et du mascara turquoise sur ses cils. Elle jeta tous ses accessoires  dans son vanity case en cuir rouge. Machinalement, elle tira sur la chaîne en or qui plongeait entre ses seins et ouvrit son médaillon : dans la minuscule boîte derrière le camais, le microfilm reposait en sécurité.


Elle empoigna son vanity, se regarda dans le grand miroir. Elle barra son visage de lunettes noires bandeau, actionna l'interrupteur, et sortit sans un regard pour la baignoire où, nu et l’air apeuré, un homme trempait dans une eau devenue glacée et écarlate.


crédits photos : onolulu.fr

mardi 17 février 2009

Shall We Dance ? (Clip culte #2)


Aux sommets du glamour papillonne le sublime titre "This Is Hardcore" de l'opus éponyme de Pulp. Second single, proposé au moment de la sortie de l'album en mars 1998, ce bijou se savoure hors format en près de six minutes et demie, et même sept minutes de mélodie du bonheur dans le clip non censuré.

Tout le sel, tant du texte que du clip, réside dans le troisième degré cultivé depuis toujours par le groupe Pulp, et plus particulièrement par Jarvis Cocker, chanteur guitariste leader du groupe. Quiconque a eu le plaisir de déguster le show des débuts des nineties - enfin le succès pour le groupe de Sheffield, pourtant créé en 78...- se souvient du sexy distancié du crooner dégingandé et de sa bande.

"This Is Hardcore" est le diamant qui sertit la tiare de cette pop, aboutissement musical et littéraire après tant de tubes. Tout en délicatesse, nappes et piano égrainé en notes claires, le titre propose d'élégantes ruptures et des envolées lyriques. Tout est extrêmement bien placé, pour que ce sujet, ce texte, soit délivré de manière ni crue ni cynique, mais avec une ironie pas si détachée au fond. Oui, tout ceci, c'est du cinéma, mais c'est aussi bien la réalité. Jamais obscène, le morceau, érotique au dernier degré, sublime le désir avec humour.

Tout le clip est décliné sur cette distanciation gracieuse, où le cliché souligne le propos, sitôt brisé par les scènes de castings, les coupoures de prises, les décors de pacotille déroulés. Les (petites) morts se relèvent, le bondage est esthétisant, les danses se brisent, les fifties pastels sont peuplées de pin ups à rouge à lèvres vinyle, et les images littéraires sont illustrées brillamment : l'oeil du cyclone, calme circulaire, figuré par un groupe de danseuses façon Esther Williams à éventails de plumes turquoises, corolle féminine autour d'un Jarvis lové. Lorsqu'il scande ensuite son texte hardcore, même une plume peut le bousculer, sans qu'il perde jamais en élégance.

Summum du snobisme hollywoodien, du surjeu, lequel reste jeu mais se pimente de plaisir paroxystique tout distancié, ce titre tient une place privilégiée dans mon panthéon visuel et musical.

"But what I want to know : What exactly do you do for an encore?
'Cause this is hardcore."


lundi 16 février 2009

Nightclubbing


Anonyme, inconnue, vivante, elle s'adonne. En mouvement, en nage, en transe. La pâleur de sa chair  traverse la pénombre, ses longs bras blancs levés ; la main promeneuse, caresse la musique, frôle son visage, son sein, son ventre, se pose sur sa hanche. Aux lentes notes, aux graves murmures poussés dans les basses, elle vibre, imprime à ses chevilles, ses cuisses, ses fesses, la partition assourdissante. Renversant sa tête, elle ferme ses paupières, et son coeur lui palpite aux tempes.

Son corps, promesse d'idéal, la presse dans ce plaisir, cette extase de danse, cette éternité rassemblée en poignée d'heures, ivresse qui ressemble à s'y méprendre à la vie intégrale, à  l'existence nue.

Son corps dans la foule mouvante, frôlé parfois, solitaire pourtant, unique et désirant, expose sa plénitude, sa force. Le poignet révèle la nuque frêle, la moiteur du duvet, le biceps se sculpte dans le marbre, le temps d'un regard, et à nouveau retombe le voile des cheveux, reflets mouvants. Un tampon sur le dos de la main, elle goûte la liberté pure, savoure chaque instant, grave chaque basse, et colle à jamais le timbre des voix.

Tout ce temps, appuyé au chambranle, il vacille de la regarder, jusqu'à la lie, ses esprits concentrés dans les spiritueux. La force de ce qui l'ébranle se lit sur ses traits, il lui sourit sans fin, il boit sa danse à verse, et elle s'imprime dans ses rétines, absolue.



vendredi 13 février 2009

Post-Encyclopédie alambiquée et à l'envers II



Animaux les plus laids du monde : l'oryctérope.

Une source anonyme mais connaisseuse nous offre cette définition (sentez le métier).
"L'oryctérope se nourrit essentiellement de fourmis et de termites, grâce à sa langue effilée et collante. Il détruit les termitières avec ses pattes avant, très puissantes.
C'est le seul membre de la famille des tubulidentés (dents en forme de tube du plus bel effet qui lui garantissent également une subtile haleine fétide). Il vit en solitaire dans une sorte de terrier, ne sort que la nuit et seul...
Je me suis trompé : il ne mange pas de fourmis. Seulement des termites. C'est vrai que c'est meilleur.
et animal d'Afrique qui arpente la savane by night est aussi appelé "cochon de terre" à cause de son groin, bien que ses oreilles soient plus proches de celles de l'Equus asinus (ou âne) que de celles du Sus scrofa domesticus (ou porc domestique).
Précision essentielle sur les dents (qui font tout le sel de l'oryctérope) : ce sont des dents en colonne à croissance continue, sans émail, composées de nombreux prismes hexagonaux en ivoire, dont le centre est occupé par un canal pulpal. Les dents n'ont pas de racines. La classe, quoi."

Commentaires également anonymes, morceaux choisis :
-Il vit en solitaire dans une sorte de terrier, ne sort que la nuit et seul... c'est un personnage de Houellebecq !
-s'il est tubulidenté, ça veut dire qu'il peut boire sa bière AVEC ses dents... ???
-Oh, je connais des gens des (...) qui mènent le même genre de vie...
-D'autant que l'oryctérope est polygame.
-Ca me donne pas très envie d'aller en Afrique...
-Je me disais aussi.. tout ça pour en arriver là... c'est bien éclairé là où tu vis ?
-terrifiant, j'adore. Jaime aussi beaucoup le tombé de la peau, so spring 09
-tu crois qu'il peut jouer de la flûte de pan avec ses dents? Un peu post-kieslowski?
-Oui, bien sûr, il peut jouer plusieurs notes en même temps avec se dents. Un peu comme Bukowski.
-Un volontaire pour évoquer Monica Lewinski?
- Il me semble que Bill Clinton avec des ascendants oryctéropes... ce qui peut expliquer ses moeurs légères...
-(c'est gracieux à dire en prime : O-RYC-TE-ROPE mmmm)
-C'est Monica qui est tubulidentée. Mais je poense qu'il n'y a pas de commentaire à ajouter à cela.
-Je préconise le grand retour de la fraise pour éviter tout débordement
-Excellente idée ! On a trop vite abandonné le port de la fraise.
-ça se porte avec un perfecto ça ?
-(comme personne ne me connaît, j'ose carrément rapprocher la chantilly des fraises) (avant de les sucrer)
-comparaison raffinée (sucre candy ?)
-"Dentiste d'oryctérope, encore un boulot auquel j'ai réchappé". Bukowski.
l'oryctérope est prude... il préfère encore manger des fourmis que d'entendre ça
- des termites.
-Le goût est totalement différent ! Voyons : la fourmi est sucrée et le termite est crémeux... 
Désolé, l'oryctérope ne sent pas la fraise.
-tu as déjà SENTI un oryctérope ?
-et tu as déjà MANGE des fourmis et des termites?
-moi j'ai mangé un oryctérope une fois... chez Muffalo Grill je crois... il est vrai que ça a un peu un arrière gout de termite
-Zut j'ai pas eu trop le temps de jouer aujourd'hui... Et je pars chez le dentiste (la coïncidence fait rêver hein ?)
- Juste une petite pose de tubulaire. en or.
(Oryctérope prêt à séduire. Source : Les Imputrescibles, dits Imputs).

mardi 10 février 2009

La Meilleure Amie

Ce premier souvenir d'elle : Valérie varicelle, sons mélodieux à mon oreille coquillage. Nous avons trois ans ou peut-être quatre, dans la cour de récréation. Elle porte une robe verte longue et fleurie, poupée Sarah Kay à courts cheveux blonds pâles et immenses yeux bleus. La musique de ces petits pois rouges, Valérie varicelle, poésie.
Nos six ans nous séparent : années de cordes à sauter, d'élastiques. Elle rentre tous les goûters, je reste aux garderies du soir. Elle monte l'avenue, je longe le canal. Nos notes sur dix avoisinent les sommets si souvent que nos écoles nous inscrivent à un concours des meilleurs élèves de notre région.
Elle a dix ans et moi presque. Dans la cour, oppressée, je laisse son doux sourire venir vers moi, sa longue blondeur bienveillante. Nous parlons, tiens, nous étions dans la même école maternelle, ha mais dis-moi, n'avais-tu pas une robe verte ? N'avais-tu pas attrapé la varicelle ? Oui, se souvient-elle en riant, ça alors, nous n'étions même pas dans la même classe. Je viens de déménager. Et nous habitons... de part d'autre de la même avenue. Nous irons dans le même collège. La jolie surprise, la rassurante perpective !
J'arrive troisième et je me déçois tant que je pleure. Elle me console, quatrième sereine, ce n'est rien, ne t'en fais pas. C'est mieux que moi, regarde, rit-elle.
Nous échangeons nos adresses. Bons baisers de Juan les Pins m'embrasse-t-elle cet été-là. Je réponds Collioure in the summer, mon amie.

La rentrée des grands, nous si perdues, mais ensemble. J'aimerais étrangler son binôme A.P., je me sens si godiche et si seule malgré mes camarades de mon école précédente. Très vite, Valérie me revient, et nous glissons dans cette délicieuse amitié exclusive.
Tout de moi, je le lui confie, tout d'elle, j'entends. Elle me pousse, me tire, me sourit, me soutient. Je la cajole, lui apprends, lui donne. Le partage : livres, chocolat, vêtements, confidences, détresses, joies, cassettes, cours manqués. Concerts privés de ragtimes, poèmes, cadavres exquis, lettres. Nous courons sous la pluie, nous sommes toujours en retard, nous sommes toujours ensemble. Nous marchons, nous courons, nous dansons, nous parlons, nous écrivons. Fous rires, fous rires sans fin. Dans les pires moments, fous rires de nous. Nous allons à la messe, nous allons au collège, nous allons au lycée. Nous allons en vacances ensemble. Nous nous baignons, nous nous saoulons, malibu lait, les petits lits qui tournent dans la nuit, ça nous fait rire. Ensemble nous sommes fortes.

Les cars des voyages scolaires, les premiers soutiens gorges, des centaines de photos, des milliers de mots.
La vie tente bien de nous tirer l'une loin de l'autre. Impossible pourtant de ne pas se comprendre, de ne pas se tomber dans les bras : ce sourire dedans quand je pense à elle. Mon soutien de toujours, ma meilleure amie.
Nos conversations de cafés en restaurants, dans mon canapé jusqu'au milieu de la nuit, nos seins nourriciers à nos nouveaux bébés dans son canapé, des lettres interminables, la conversation inachevée, ininterrompue. A quatre heures du matin, depuis sa maison bien loin, dans la campagne, elle m'écrit, et je sais, à demi-mot, je sais.

Le onze février sera toujours son anniversaire, et le numéro de téléphone de sa maison d'enfance, sa première adresse, son tatoués en moi avec mes plus tendres souvenirs. Valérie, mon petit pois, je n'empilerai aucun édredon entre toi et moi. Happy Birthday. (Mais le cadeau, c'est toi).

lundi 9 février 2009

Fashion (fa fa fa fa)

La mode, je l'aime. Je m'y voue de loin, avec snobisme et parcimonie, mais je l'aime. La plupart du temps, comme les rédactrices de mode ou toutes les rockeuses de base, je porte du noir, et des basiques.

Longtemps, j'ai eu des tonnes de fringues. Depuis plusieurs années maintenant, j'en ai très peu, mais je ne porte que des trucs qui me vont bien et qui sont beaux. Je ne cède donc plus aussi facilement aux sirènes modeuses, mon discernement s'affine avec le temps. Je me suis donc évité la Ugg et la low boots, faut pas délirer non plus. Le carrot pant, non merci, si je dois jouer les bunny je me coudrais un pompon sur le boxer. Le sarrouel, ça tue une silhouette, c'est niet. Le keffieh, ce n'est pas mon genre. Ne l'a jamais été : dans mon bahut, ils écoutaient du Goldman, ceux qui en portaient, des keffieh. Et je me suis évité ça, aussi.

En revanche, j'ai souvent donné dans la mode, beaucoup de ma personne. Voici quelques pièces de ma garde-robe que je vais tâcher d'éviter désormais.

La cagoule pure laine qui vous enserre le crâne tout en démangeaison et surdité, et ses amies les moufles pour les bambins manchots, never more.

La combipantalon (cf Bowie in DJ, donc). Implique une ceinture. Allure bizarre garantie. Commodité : zéro. Il faut ouvrir la ceinture, la porter sur le bras, déboutonner la totalité des boutons sur le devant, puis baisser le tout, le jeter sur le bras sans toucher terre (au mieux, terre, d'ailleurs), baisser sa culotte pour éventuellement espérer faire pipi. Ensuite, entièrement nue, il faut tout refaire en sens inverse, et surtout renouer la ceinture élégamment pour ne pas ressembler au bonhomme Michelin.

La variante combishort, estivale, même délire, mais moins de tissus et plus de bretelles qui s'emmêlent sur les épaules., voire dans la fermeture éclair.

Le pull chauve-souris, super beau. Cependant, pull d'hiver se porte avec manteau, et la chauve souris peine à se fourrer dans le manteau. Bras nus et aisselles boudinées dans une redingote qui ne peut plus fermer en haut : camisole de mode.

Le body, c'est joli. Ce buste saisi dans du tissu, au sortir du jean. Là encore, comme c'est agréable, n'est ce pas, de devoir se démailloter intégralement au moindre besoin humain... Se scier l'aine dès qu'on lève les bras, c'est pratique pour se coiffer, emporter son sac sur l'épaule, danser.

La jupe crayon taille haute, superbe. Avec un petit pull manche courte dedans, et des collants. Et là encore, évitez de boire. car ensuite, soit on renfile par en haut, et la culotte ne veut jamais se remettre à sa place, ni les collants. Soit par en bas, comme un pantalon, et jamais le petit pull ne retourne sans bourrelets dans la taille haute... Non, ne proposez pas de body à la place du pull. Merci.

A ceux qui pensent que les eighties étaient esthétiquement assassines - à raison - je reparlerai des early nineties. Et des tailleurs. Tout lycra et veste à manche courte. Veste impossible à ôter, car sert généralement de haut tant elle est étroite, donc trop chaude en été, sauf au petit matin ou l'on grelotte, la chair de poule le long des cuisses et des bras. Et même si l'on avait réussi à glisser un petit top sous la veste, que faire de ce bout de tissu pendillant qui ressemble à une vieille gaine, une fois ôté ?

Les early nineties, et les soutien-gorges brassière. Attrapez un stylo, l'élastique se place en plein milieu des seins. Et y reste.

En parlant de lycra, consoeurs minirobées et jupées de court, souvenez-vous de ces éprouvantes journées où la jupe remonte à chaque pas, dès que l'on s'assoit ou se lève, tandis que les collants, ces traîtres, se dirigent irrésistiblement vers les chaussures, emportant la culotte. (Quelqu'un ose encore proposer de porter un body pour rester culottée?)

Je me plains. Pourtant j'ai évité la robe Rabanne où, demi nues, mes aînées devaient éviter le soleil et les chauffages sous peine de se marquer au fer comme bétail, et rester debout pour s'éviter l'impression de s'asseoir sur une agrafeuse.
J'ai évité la plateform shoe. J'ai évité le slim en cuir. J'ai évité les dos nus lacés. J'ai réchappé aux crinolines et aux corsets. Je me suis préservée de la doc montante qui sent, écrase les orteils, prend un temps infini à lacer.
Fichue mode.

Il pleut à seaux. Je dois sortir, dans mon pantalon en toile extra flare, qui va tremper dans les flaques, mes bottines richelieu pointues en cuir en aquaplaning, un enfant sur les épaules en guise d'abris...




vendredi 6 février 2009

Post-Encyclopédie alambiquée et à l'envers



Animaux les plus laids du monde. Le Nasique.

Wikipédia, caractéristiques : "La plus marquante est un appendice nasal mou et plat, qui, déjà proéminent chez les femelles, atteint des proportions considérables chez les mâles. Le nasique attire les femelles avec son nez long et mou. Le nez du nasique facilite les choses dans la chaleur du corps. Leur nez ne cesse de croître tout au long de leur vie. Le nasique est un excellent nageur. Quand le nasique est dérange, sa face devient rouge."
Amis de la langue française et de la beauté, amateurs de belles lettres, enjoyez-vous beaucoup.
Commentaires collectifs mais anonymes, à chaud :
- Ca existe aussi en végétal, "l'arbre à couilles" (cf. p. 36, )
J'adore le côté mystérieux de : "Le nez du nasique facilite les choses dans la chaleur du corps".
-Et un nasique dérangé quand il nage, c'est de quelle couleur ?
-Rappelle-moi de ne jamais aller à la piscine avec toi.
-Quoi c'est très poétique comme formule !
- "Les feuilles qu'il préfère sont celles de pedada."
- On en voit un dans Tintin (Vol 714 pour Sydney, planche 42, cases 3 et 4). Chacun ses références, je sais...
-c'est très bon le pedada, en décoction
-Ah, c'est donc ça ton secret !
-Ladurée fête le cinéma anodin avec son macaron padada-fenouil
-Sous les ailes de mon arbre à couilles/Je dégustais mon macaron pedada fenouil...

Je suppose que plus personne ne cherche d'entrées. Vous connaissez la sortie.
Planche offerte en bonus :

mercredi 4 février 2009

Des Figures, du Style.

Mon amie Ashley Abbott (aka 3615 Pipensucre) m'a envoyé cette cyber-chaîne - un tag, précision pour mes amis néophytes en matière de lol et autres aventures ptdr - pour :

  1. me flatter (Tout le monde, surtout Ashley Abbott, veut savoir ce que je lis!)
  2. me secouer (Lutecewoman, ta vraie vie m'indiffère, geeke plus)
  3. m'obliger à réfléchir (mon commentaire sur Indochine à sa catégorie déplacement aquatique l'a sans doute ébranlée)

Je ne prendrai aucun risque. Je ne vexerai pas mon amie cintrée mais lettrée. Je ne décevrai pas mes fans au nombre d'environ deux.  Je ne serai pas maudite et je ne me casserai pas un ongle pour avoir rompu la belle cyber-chaîne du tag de l'amitié avec des livres dedans.


Je me livre hic et nunc, pour la genèse et les top eleven, revenez une autre fois. Ou bien relisez-moi. 


Catégorie tout et n’importe quoi, m’enfin surtout n’importe quoi

Lire n'importe quoi ne me ressemble pas trop*. Les tranches de ma vie sont excellentes**. Longtemps, j’ai dévoré les annales du Disque Monde, mais j’ai cessé. Terry Pratchett, maître ès-partnawak, créateur de cosmogonies, je m’en suis lassée. Des trouvailles et de l’humour à foison, de la fantaisie à gogo : ha, le Dieu de la Chasse, un petit lapin mort de peur. Ha, les hymnes religieux «Il piétine les impies sous Ses sabots de feu»... Lassée pourtant, le style n’est pas très bon, je le crains. Mais il m’a fallu vingt-quatre volumes avant de me lasser.

*litote

**synecdoque


Catégorie des livres pas que pour les enfants

Le Petit Parrondo Illustré. Tomes I, II et même III. Tout Parrondo en fait. Vive les escalades du Chopolus ! Tout ici touche à l’absurdité du langage, en traits très épurés, suggestion de personnages. La quintessence par la simplicité*, très oulipien, aussi drôle que du Queneau et du Pierre La Police, et familial. 

*Oxymore


Catégorie grands classiques

Calaferte, calamité, quel manque, quel mité*, une bibliothèque sans lui. O joie de découvrir quelque chose de si beau, fort, tendre et sauvage que le Requiem des Innocents, enfin ! Certes, c’est du pur XXème, donc pas si classique. Les Grands Classiques, je les aime. Aujourd’hui, c’est sur Calaferte que je mets la lumière. Sa place est ici. Dans le métro hier, mon menton en tremblait de ce récit.

*paronomase


Catégorie littérature contemporaine

Hornby en V.O. pour l’immédiateté. Hornby et son Slam! qui me dure, il n’est pas excellent. Hornby pas toujours à la hauteur en forme, mais qui me touche au fond. Hornby qui me londonise, et j’en ai besoin.

*Anaphore. Néologisme.


Catégorie apprendre en s’amusant

Ici, je réponds Nicolas Ungemuth. Lequel n'a certes pas écris pour m'amuser, mais m'amuse néanmoins beaucoup. J'aime beaucoup entendre sous sa plume comment Bowie se fout éperdument des paroles de ce qu'il chante, où voir débuter les Stooges dans un garage de Detroit.

Pour résumer, éditions Scali. Comme tout ce qui est imprimé et comporte des pages n'est pas un livre, je ne cite pas les Inrocks*.

*prétérition


Catégorie parfois je lis des trucs intelligents, mais après ça fait mal à la tête

Réflexions naissantes, théories personnelles, structures alambiquées, écritures démentes, longueurs insurmontables*, qu’est-ce qui pourrait me rebuter ? Joyce dans l’ordre, j’ai peine. Christian Jacq, je ne puis.

Pour le reste, le contenu peut m’être douleur. Les Caractères de la Bruyère, beuh.

*gradation


Achevons ce billet bêcheur en musique : enjoy, de l’intello en live, reprise avec du Pérec plaqué sur un sublime Booklovers.


Je vous livre ces lignes et ce jeu : MaudAmandineAgaliShalimaMadameNI et Kriss.




lundi 2 février 2009

Believe In Me (Clip Culte #1)




Bowie, fin de la période berlinoise - avec son ami de toute une vie, Iggy, et ils n'ont pas partagé que de la musique - Lodger ferme la trilogie. En second single, ce "DJ". 1979.

Alors qu'on n'est pas même entré dans les eighties, Bowie y est déjà en plein. En France, Cabrel et du baba, naissance de Starmania, ailleurs des relents de rock progressif, beuh. Eagles, Scorpions, Toto...

Et en face, Bowie. Brushing platine, coupe avec mèche sur le devant, combipantalon rose (je porterai le même au collège, presque dix ans plus tard, hype au point de me retrouver nue dans un embarras total pour faire pipi dans les toilettes à la turque).

Dans cet accoutrement quasi épouvantable, il a un chic fou. Une allure hallucinante. Complètement défoncé, suivant un storyboard pour le moins étonnant, on le voit tantôt aux platines dans un studio (?) où il jette tout autour de lui, désinvolte. Admirons ensemble le frottement vertical aux stores. Il est à fond. Tantôt dans la rue, morgue parfaite, il avance dans une foule ravie qui se jette sur lui "hey c'est BOWIE!". Il se fait embrasser sans embarras aucun par tous ces inconnus en liesse. Ses croyants.
Morrissey sur scène reste un brin gêné de recevoir des baisers de ses fans hissés sur scène à la force de leur désir. Bowie, non. Il reçoit, voilà.

C'est exactement cette morgue, outre le glam et la voix de Bowie, et la modernité de ce texte lapidaire (I am a DJ / I am what I play / I've got believers / in me), qui me touchent dans ce clip.

Sourire narquois, trench ceinturé, hop, j'arpente les rues. I-pod, bottes et who knows what, je m'essaie à la frime, pour moi. Vlan dans la ville. Quelquefois je décroche, et si je ne jette pas un verre dans un miroir pour le fun ou mes gants par-dessus mon épaule, j'y pense un peu.

Souvent, j'aimerais être capable d'être aussi arrogante que Bowie défoncé dans ce clip. Je pourrais écrire le J de DJ à l'envers à la bombe, wow. Et je serais la reine du monde. L'arrogance, c'est rock'n'roll. Surtout quand on peut se le permettre. De Brett Anderson early nineties à Alison Mosshart en live, that's it. Le feulement assuré. Encore.